Talmod, PessacMm 88. — GuUdm
2. Les Juifs babyloniens étaient divisés en grandes circonscriptions dont les principales étaient Nahardée, qu'on considérait comme une seconde Jérusalem ; Narès; Sura, située près d'un lac magnifique et dans une contrée très-fertile ; Néhar-Pékod, où Hananiah avait établi ranti-Synhédrin; Macbuza et Pumbédita qui était tout à fait une ville juive. Les Pumbéditaniens avaient l'esprit si subtil qu'on disait d'eux qu'ils, seraient capables « de faire passer un chameau par le^ » trou d'une aiguille, »
de rang, des secrétaires rapporteurs nommés Resché- Kalla. Ils étaient chargés, pendant les trois premières semaines du mois où devait siéger l'assemblée, de préparer, sur les questions à l'ordre du jour, les élé" ments du rapport que le Resch-Méiitba devait faire à l'ouverture 'de la session. La réunion avait lieu de droit, chaque année, dans le mois d'Adar (février) pour la session de printemps, et dans le mois d'Éloul (septembre) pour celle d'automne. Par suite, on avait appelé ces deux mois : « les mois de l'Assemblée » Yar'hé Kalla *. En général, les sessions se tenaient dans la semaine qui précédait les grandes fêtes, afin qu'un public nombreux, accouru pour les solennités religieuses, put assister aux séances. Souvent le chef politique, l'Ecmalotarche, faisait en personne l'ouverture de la Métibta. Les mois de Kalla étaient, en quelque sorte, des mois fériés, surtout pendant la semaine qui précédait les fêtes des mois de Tischri et de Nissan^.
La Métibta était une espèce de synode-périodique. Les questions de doctrine y étaient débattues et résolues à la majorité des suffrages ; mais, fidèles au principe pharisien, les docteurs de Babylone, en formulant les décisions de leur assemblée doctrinale, n'eurent jamais la prétention de les imposer comme une loi
i. Talmud, SuKka 26, a.
2. Talmud, liaba-Kama, 113, a. —Voir sur cette organisation les intéressants détails donnés par Graetz, Geschichte der Judeti, t. IV» ch, XV. '
souveraine et infaillible. Le Judaïsme restait en Ghaldéè, comme autrefois en Judée, une véritable démocratie religieuse où il n'y avait d'autre autorité dogmatique que celle du nombre, de la science et delà raison.
Néanmoins, ces débats, à l'exemple de l'ancien Synhédrin, ayant toujours lieu sous les yeux et le contrôle du peuple, il est facile de comprendre l'influence qu'ils donnaient aux docteurs auprès de l'opinion publique. En fait, on s'habituait à voir dans le Resch- Métibta, au point de vue spirituel, un pouvoir égal et même supérieur à celui du Resch-Galouta dans l'ordre temporel. Ce qui est certain, c'est que les chefs d'Académie ont joué, à cette époque, un rôle bien autrement considérable que les chefs politiques. Des nombreux Ecmalôtarches qui ont gouverné les Juifs babyloniens, il n'est resté aucun fait vraiment digne de mémoire ; tandis que lés docteurs de ce temps ont laissé la trace la plus brillante dans les souvenirs de l'histoire juive.
Un des plus remarquables fut Abba-Aréka que l'importance de son enseignement, l'étendue de ses connaissances et l'élévation de son caractère, ont fait surnommer « le maître )) Rab ^ , de même qu'on avait nommé Yéhoudahle saint, Rabbi ou RabbenoUyOt qu'on
i. Talmud, Hullim M, a. Moed Katon 24, a, ■— R. Yochanan, l'auteur du Talmud de Jérusalem, lui écrivait sous ce surnom honorifique. .
3i4 .LES PHARISIENS.
devait donner une qualification semblable, Rabbana^ à R. Aschi, l'auteur du Talmud de Babylone. — Il eut; comme Hillel et Scliammaï, l'honneur de voir donner à son école le titre de « Maison de Rab ^ » 11 paraît, d'ailleurs, que, par sa patience, son esprit de conciliation et son humilité, il rappelait le grand caractère d'Hillel,
Il faut aussi citer Mar Samuel dont on a conservé entre autres deux opinions dignes d'être mentionnées. — L'une concerne les temps messianiques. Mar Samuel estimait que cette époque prédestinée n'aurait rien de merveilleux; qu'il ne fallait s'attendre alors à aucun bouleversement des lois naturelles, mais que tout se bornerait à la délivrance d'Israël du joug étranger et à la reconnaissance universelle du monothéisme ^. L'autre maxime de Mar Samuel avait pour but de déterminer les devoirs civils des Juifs de la dispersion. Le principe de conduite qu'il fit prévaloir, ressemble, sous une forme non moins expressive, à la. fameuse maxime de Jésus : « Rendez à César ce qui est à César » et à Dieu ce qui est à Dieu. » Il déclarait qu^il faut obéir sans réserve aux lois du pays qu'on habite. « La » loi du royaume est la loi souveraine ^ » disait-il