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Baba Melzia

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avec une indépendance étonnante,; toutes; -les quesr tioiis qui se rattachent aux rapports de l'hunianité avec Dieu; de rihdividu avec la société et de l'homme* avec ses sëmblahlesi-— Qu'importe que tel docteur ait émis sur ces délicats problèmes une idée absurde, intolérante ou fanatique? Qu'importe^ que tel autre ait osé contester les droits mêmes de la raison ? Qu'im-r porte qu'à côté des plus remarquables enseignements philosophiques et moraux, on entende. le cri de passions sauvages ou la voix de l'ignorance qui ne veut pas être éclairée ? Ce qu'il faut voir, c'est moins ce qui a été dit que ce qui a pu librement se dire. L'erreur a été recueillie avec le même soin que là vérité, et exposée comme elle au jugement impartial de l'histoire. N'eist-ce pas le témoignage solennel du respect que le Pharisaïsme a toujourseu pour la liberté des opinions et des croyances, même dans leurs: plus regrettables aberrations , même dans leurs plus excentriques: écarts ?

Il arriva pour le Talmud, quand il eut été achevé, ce qui était arrivé pour la Mischnah. Dans le champ immense moissonné pour les Amoraïtes, on trouva encore largement à glaner. Pendant un demi- siècle (de SOO à 550) une école spéciale de docteurs babyloniens

qui prit le nom de Sàboraïtes^ s'occupa de réviser le Talmud et y introduisit les derniers documents qu'on put recueillir de nouveau de part et d'autre. Le nom même sous lequel ils sont connus^ précisele but et la

portée de leurs travaux) Ils furent « les auteurs de da » décision définitive » {Rabbanan Saboraah.)

Ils décidèrent, en effet, t^ous les points restés en suspens, éclaircirent les questions douteuses et ajoutèrent à l'œuvre des Amoraïtes les traditions , les chroniques et les sentences qu'ils purent découvrir par leurs patientes recherches. Il est difficile de distinguer, dans l'entassement de matériaux dont se compose le Talmud, sous sa dernière forme, ce qui appartient aux uns et aux autres, mais on s'accorde en général à reconnaître que les Saboraïtes enrichirent ce recueil d'une quantité de paraboles et de légendes. Si le fait est vrai, il faut leur rendre grâce d'avoir conservé la plupart de ces A^ac?o^A qui rendaient si pittoresque l'enseignement des maîtres et des orateurs de Judée et de Babylonie.

On dit aussi que, 'frappés de l'abus qu'on avait fait des textes bibliques, dont, par esprit de système, on dénaturait capricieusement la lecture et la signification ^, ils imaginèrent les points voyelles destinés à

1. Voir sur l'origine, le nom et les travaux des Saboraïtes, Gr^ëtz t. V, note 21, p. 378 et suiv.

2. Il est certain qu'il existait une manière de lire l'écriture sainte soi-disant traditionnelle qui était fort différente de la lecture

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fixer la prononciation exacte des mots hébreux et^par conséquent, à mettre un terme^ ^ux: fantaisies inté^ ressées; des; commentateurs ^. Si l^honneur de cette invention leur revient, ils ont rendu un immense service àla science philologique et ont donné une base solide à l'exégèse des livres saints.

On prétend aussi que, jusqu'à eux, le Talmud, malgré ses proportions colossales, avait été simplement coordonné, mais non rédigé par écrit, et qu'onhésitait encore, à leur époque, pour savoir si l'on pouvait écrire l'enseignement de la loi orale. Cette hypothèse ne supporte pas l'examen., Croire que le gigantesque amas de faits et de doctrines que R. Yochanan et les collaborateurs du Talmud de Jérusalem, R. Aschi

usuelle. (Klein, la Vérité sur le Talmud, "p. 34, note.) A tout moment, dans les discussions, on trouve ces mots: « Une faut pas lire » dé cette façon, mais de celle-ci.»

1. L'alphabet hébreu ne se compose que de consonnes et de quatre aspirations muettes, y, 1, H, K, qui prennent des sons différents suivant la voyelle qui est attachée. La prononciation était, par suite, un simple usage sans règle positive. On y suppléa au moyen de signes particuliers mis au-dessus ou au-dessous des consonnes. Le Talmud ne faisant aucune allusion à cette innovation, il faut admettre qu'elle lui est postérieure. Certains passages prouvent d'ailleurs que, dans les Académies de Tibériade et'deBabylonie, la lecture était-^douteuse en beaucoup de cas. (Mischnah, Aboda Zara 2, §4. — Talmud, Kidduschim 18, b. — Sotâ 4, b.) D'autre part, les points voyelles existaient àl'époque du Gaonat, qui fut é,tabli peu après le temps où nous sommes, en Babylonie, car il existe une lettre d'un Gaon, MacNitrona II, qui en parle (Maymonides, Lettre à Ibn-Djader, Taam Z^kénim p. 74). Dès lors il est rationnel d'eu fixer la date à l'époque intermédiaire, c'est-à-dire au temps des Saboraïtes.

et les collecteurs du Talmud de. Babylone avaient mis plus de trois siècles à réunir et à classer, fut confié simplement par eux à la mémoire de leurs disciples, est une de ces rève^ies<g^i se réfutent d'ellesmêmes. La dernière formule.de Talmud émane des Saboraïtes; c'est bien assez pour l'honneur de leur nom.

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