‹ Les Pharisiens [microform]Chapitre 415 sur 500 · Yad-ha-Hazaka I^^ partie, ch. 5, De la, Pénitence · texte numérisé non relu

Yad-ha-Hazaka I^^ partie, ch. 5, De la, Pénitence

2. Préface au seder Zéraim. — Voir aussi III« partie, ch. 31 . du Guide des Egarés.

3. Yedoudahbea Samuel Ha-Lévi, que les Arabes appellent Abou'l Cbassan, naquit en Espagne vers Tan 1080. — II, fut tué, sons les murs de Jérusalem, où il allait en pèlerinage, par un Arabe fanatique, au moment où, prosterné devant la ville sainte, il récitait, en pleurant, une de ses plus belles poésies, le chant monorime de Tsion. Poëte dans la plus haute acception du mot, il a abordé tous les genres, l'élégie et l'épigramme, les louanges de Dieu et les chants d'amour. La Synagogue à admis dans son rituel plusieurs de ses poésies sacrées qui sont des chefs-d'œuvre de sentiment et de piété. Son œuvre capitale est le Khozari qui est, sous la forme dialogique, un remarquable exposé des principes du Judaïsme. Cet ouvrage fut com

posé en souvenir d'un fait d'abord mis en doute, aujourd'hui avéré, la conversion au Judaïsme du Roi des Khozars, peuple limitrophe de la mer Caspienne. L'auteur imagine qu'un docteur juif, qu'il nomme le 'Haber, converse avec le Roi sur tous les points de la loi juive.

Toute l'école juive du moyen âge est animée du même esprit. Or, que se passait-il autour de ces maîtres illustres lorsqu'ils proclamaient si solennellement les prérogatives légitimes de la science et de la liberté ? L'église catholique brûlait sur les bûchers, torturait dans les cachots du Saint-Office, déclarait hérétiques et excommuniait par la voix infaillible de ses pontifes tous ceux qui osaient apporter le contrôle de la raison dans le domaine de la foi. Plus de cinq siècles devaient s'écouler encore avant que Luther fît triompher dans le monde moderne, contre l'autorité du sacerdoce, le ' principe du libre examen. Trois siècles ont passé depuis lors, et la résistance inflexible contre laquelle lutta le moine réformateur de Witenberg, n'a pas encore cédé. Ni la philosophie du dix-huitième siècle, ni la tempête révolutionnaire de 89 n'ont pu la briser; de nos jours même,. elle a jeté im éclatant défi à la société tout entière par la publication de ce Syllabus où sont condamnées, comme une inspiration de l'esprit du mal, la liberté de pensée et la liberté de conscience. Au contraire, lorsque Saadya^ au dixième siècle, Yéhoudah ha-Lévi, au onzième, etMaymonides, au douzième, affirmaient que le premier devoir de l'homme intelligent est de ne croire que ce que sa raison lui démontre juste ; lorsqu'ils disaient que la philosophie n'a rien d'incompatible avec la rehgion, non-seulement personne, dans le sein du Judaïsme, ne protestait contre leurs paroles, personne n'y voyait une hérésie

condamnable devant les lois . divines et humaines , mais ils étaient honorés comme les plus fidèles interprètes de l'antique doctrine de la Synagogue. Bien plus, leurs écrits revêtaient en quelque sorte l'autorité d'une loi religieuse, et Maymonides voyait « les treize articles de foi » dont il a fait la synthèse du Judaïsme, devenir presque universellement le Credo des communautés juives ' .

C'est qu'en effet ils n'étaient que les continuateurs et les pieux héritiers de cette grande réforme pharisienne, qui^ près de vingt siècles avant le protestantisme, a résolu le problème moral si compliqué et encore si redoutable de nos jours^ qui a pour but l'alliance de l'autorité et de la liberté, de la raison et de la foi.

1. Les treize articles de foi rédigés par Maymonides ont généralement pris place dans le rituel juif. Cependant beaucoup de théologiens ont contesté sa théorie.' Chasdaï ne compte que six dogmes obligatoires; Albou que trois. (WEiix,le Judaïsme, t. I, préface. )

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