LIVRE NEUVIEME
LES DOCÏRINI'^S Pli A 1\ISI ENNE S
l'IlEAMBUl, E
Nous avons suivi dans tous ses développements historiques l'œuvre du Pharisaïsme, depuis les origines les plus lointaines jusqu'à sa dernière formule. Nous pouvons en apprécier maintenant avec certitude les doctrines définitives. C'est par là que nous terminerons cette étude du mouvement pharisien qu'il a été indispensable, pour le bien comprendre^ d'observer attentivement à travers les péripéties des événements, les luttes des partis et les controverses des systèmes qui ont marqué Fhistoire agitée du peuple juif dans les derniers temps de la nationalité et dans les premiers siècles de la dispersion.
Cette tâche nous est devenue facile, car ^analyse des faits nous a complètement éclairés sur le rôle qu'a joué le Pharisaïsme, sur le but qu'il n'a cessé d'avoir en vue, sur l'esprit dans lequel ont agi ceux qui furent
390 LKS PHARISIENS,
les initiateurs et les défenseurs de la Réforme. — C'est pour avoir négligé le point de départ et les progrès successifs de la doctrine pharisienne, que tant d'écrivains sont tombés à cet égard dans des erreurs qui ont dénaturé, devant l'histoire, le vrai caractère delà révolution religieuse et morale dont elle fut l'instrument.
La plupart d'entre eux, eu effet, ont puisé au hasard dans l'encyclopédie confuse des deux Talmuds, moins encore pour y chercher la vérité, que pour Y trouver des armes contre les docteurs du second temple et confirmer le jugement sévère que l'Évangile avait porté contre quelques-uns d'entre eux. Puis on a faussement jugé l'ensemble delà doctrine sur ces spécimens de fantaisie. C'est comme si l'on voulait / juger la société intellectuelle de notre temps sur quelques obscurs écrivains, dont les théories étranges, les utopies et les passions malsaines ne sont que des débris imperceptibles dans le grand courant du mouvement littéraire, philosophique et moral du dix- neuvième siècle.
Nous savons que les Talmuds sont la bibliothèque résumée du Judaïsme ; mais ce n'est pas une bibliothèque de choix épurée à l'usage des intelligences d'élite ; c'est une bibliothèque en désordre dont l'immense catalogue contient à la fois des œuvres splendides et des élucubrations détestables. Ceux qui veulent loyalement s'instruire ne vont pas y interroger les
mauvais livres qui sont la débauche des esprits pervers ou l'erreur des esprits faux ; ils s'attachent aux nobles écrits qui, en faisant connaître la vraie pensée de la société qui les a vus naître, sont l'honneur des grands hommes dont ils émanent et la gloire des temps où ils ont paru.
Pour nous, nous ne risquons plus de nous égarer. Nous avons vu à l'œuvre les Pères de la Réforme juive; nous les avons accompagnés pas à pas dans leur marche persévérante vers le point où ils voulaient arriver. Nous n'avons plus qu'à rechercher, dans les documents qui nous restent, ce qui est d'accord avec leur pensée fondamentale, en dégageant la synthèse pharisienne des systèmes bizarres et erronés en compagnie desquels elle se trouve dans le Gapharnaùmtalmudique. Nous sommes bien sûrs que là est la véritable doctrine des sages du Pharisaïsme.
Nous divisons cet examen de principes en trois grandes catégories :
Les croyances religieuses et philosophiques.
Les pratiques du culte, Les principes moraux.