Bereschilh Rabba
l.;ES PHARISIENS. ' 41!)
fallu oublier et démentir toutes les traditions du Judaïsme.
La croyance en l'intervention permanente de la Providence dans le mouvement de l'humanité, éclate, pour ainsi dire, à chaque page du livre sacré. Dieu est partout présent, partout agissant. Des profondeurs des cieux, siège de sa majesté, il veille incessamment sur la création tout entière. Il ne gouverne pas seulement l'ensemble de l'Univers, il s'occupe de chaque action et même de chaque individu ; il combat pour ceux qu'on opprime ; il frappe les coupables ; il récompense la vertu ; il guérit ceux qui souffrent ; il console ceux qui sont affligés ; il relève ceux qui tombent; il pardonne à. ceux qui se repentent et distribue, chaque jour, â toutes les créatures d'innombrables bienfaits. On aperçoit toujours sa main dans les grands événements de l'histoire. C'est de lui que viennent tous les faits merveilleux destinés à sauver ou à punir les races humaines ; c'est de lui qu'émanent toutes les inspirations sublimes qui sacrent, ici-bas, les prophètes et les révélateurs.
Le Pharisaïsme ne pouvait évidemment rien ajouter à ces grands principes de la Bible, il ne pouvait que les confirmer, et en effet tous ses actes, toutes ses luttes, comme tout son enseignement, en ont été, à toute»époque, la plus remarquable application. C'est avec la foi en la providence qu'il enflammait le courage des héroïques soldats des Macchabées ; c'est
ViO LliS PHAHISIEiNS.
par elle qu'il a fait du peuple juif une forte race ne reculant devant aucun péril pour attester ou défendre sa loi religieuse.
Ce n'est donc pas cette doctrine élémentaire qu'il faut étudier dans les idées pharisiennes ; ce sont les points de vue philosophiques où les docteurs se sont placés pour résoudre le problème du gouvernement providentiel.
Comment l'action de la providence peut-elle se concilier avec l'ordre naturel des choses et avec la hberté humaine ?' Yoilà la grave question qui a préoccupé les penseurs de tous les âges. La solution qu'y donne l'école pharisienne a sa singularité.
Elle l'examine à deux points de .V4ie, dans l'ordre surnaturel et dans l'ordre naturel.
La première donnée du problème se lie étroitement à lu question même du miracle. Elle suppose, nécessairement, que Dieu, dans des circonstances exceptionnelles, suspend ou modifie les lois normales de la nature. Les Pères de la Synagogue ne pouvaient nier à Celui qui a tout fait et dont rien ne limite l'omnipotence, le pouvoir de changer, au gré de sa volonté souveraine, l'organisation généralede l'Univers ; mais ils n'admettaient pas, cependant, que l'ordre naturel put être brusquement bouleversé pour la moindre cause. Us étaient fort enclins à dire, comme Horace : iSec Deus intersit, nisi dignus vindice nodus. Tous les
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petits faits merveilleux que la superstition invente, même de nos jours, et que le fanatisme exploite si habilement, les trouvaient généralement fort incrédules. On se rappelle les fières paroles de Yéhoschoua ben Hananialî, à l'aicadémie de Yabné, quand on prétendit y trancher, par l'autorité d'un miracle, la controverse entre les écoles d'Hillel et de Schammaï \ Yers cette même époque, la légende raconte "- qu'une discussion dogmatique s'étaut élevée entre Eliézer ben Ilorkanos et ses collègues, le premier appela à son aide, on ne sait comment, le secours du surnaturel. A sa voix un arbre se transporta d'un point à un autre et un ruisseau remonta vers sa source. Le docteur kabbaliste s'appuyait sur ce double phénomène pour prouver la vérité de ses opinions, mais ses contradicteurs lui dirent avec un grand bon sens : « Quel rapport logique 1) ces faits merveilleux ont-ils avec la question qui » nous occupe ?» ~
Le Pliarisaïsme acceptait bien le fait surnaturel comme un acte de la toute-puissance divine, ayant pour but le salut, la récompense ou le châtiment des hommes, mais il ne lui reconnaissait pas la valeur d'une preuve morale à l'appui d'une opinion quelconque.
Il allait plus loin encore. Hésitant à croire que Dieu voulût, au hasard des événements, troubler tout