‹ Les Pharisiens [microform]Chapitre 457 sur 500 · Tbid.i Schabbaih · texte numérisé non relu

Tbid.i Schabbaih

mier devoir est de descendre en lui-même,, de faire sincèi'ement un examen de conscience et die se demander s'il n'a point attiré sur sa tête. la peine qui vient l'affliger. « Un jour, dit une parabole destinée » à rendre sensible cette idée morale^ un docteur il- » lustre éprouva, dans sa vie privée, une légère con- » irarieté, dont cependant il fut fort peiné. Comme il » en manifestait son étonnement et son chagrin, ses » collègues lui dirent que ce ne pouvait être que l'ex- » piation de quelque faute. — « Pourquoi donc, s'é- » cria-t'il, me soupçonner ainsi sans raison? — Et » pourquoi, répliquèrent-ils, soupçonner Dieu de t'oc- » casionner un désagrément que tu n'aura,is pas mé- » rite '? »

On conviendra que, dans Tobscurité où de telles questions s'agitent, ces hypothèses ne manquent ni d'originalité ni de grandeur morale. Mais, le dernier mot du Pharisaïsme dans ce débat^ comme en tout ce qui se rapporte à l'Infmi, à l'Éternel et à l'Immatériel,, c'est qu'on ne peut rien savoir d'absolument vrai sur tous ces mystères et que le plus sage est de s'abstenir d'aucune affirmation présomptueuse.

Le traité Aboth, (ini est le monument par excellence de la tradition,, enregistre, à ce sujet, cette sentence de R. YanaT: « Il n'est pas en notre pouvoir de com- !) prendre le bonheur des méchants ni le malheur des

i, Talmud, Bérachoth, S.

» justes '/» Et le Talmud cloty à son tour, une grande discussion sur ce point obscur par ces mots de R. Méir : a La chose dépend de la volonté de Dieu, et » il n'est pas donné à rilomme de la comprendre ^ »

Après tarit de siècles de méditations, nous n'en sommes pas plus avancés que ces prudents docteurs. Montaigne a dit :« Que sais-je? n et la voix de tous les penseurs lui fait écho. Dieu a placé sur la vie humaine deux voiles épais, l'un à l'entrée, l'autre à la, sortie do ce mondé. Qu'y a-t il en deçà et au delà? Qu'importe, puisque nul n'en peut percer le mystère. Le plus simple est d'accepter patiemment et honnêtement le sort que, dans ses impénétrables desseins, celui qui nous a créés nous assigné sur cette terre. L'homme n'est pas fait seulement pour l'Éternité, il est fait pour la vie. Il n'est pas juste de dire, en termes dogmatiques, que le royaume de Dieu n'est pas de ce monde. La création, quels qu'en puissent être l'origine et le. but, est aussi, incontestablement, le royaume visible du maître souverain de qui vient tout ce qui est. Tout atteste qu'il y agit sans cesse et qu'il ne délaisse ja-

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