‹ Les Pharisiens [microform]Chapitre 465 sur 500 · ÏALiiuD, Sçhabbath · texte numérisé non relu

ÏALiiuD, Sçhabbath

par un ascétisme plusaffeclé que réel. Le véritable autel est en nous-mêmes ; la prière la plus efficace est celle où, pénétrés de notre infériorité et de nos misères, nous élevons humblement notre âme vers celui de qui tout émane et vers qui tout doit retourner. Ce que demande surtout le Pliarisaïsme, ce qu'il place au-dessus de tous les devoirs, c'est le culte d'amour fondé sur l'adoration et le désintéressement ' . : L'homme n'est que trop enclin à oublier Dieu dans les jours prospères. Il ne se tourne vers lui qu'au moment où: quelque malheur fond sur sa tète, ou bien il cherche à en faire le comphce de ses désirs et l'auxiliaire de ses ambitions. La religion n'est, pour la plupart de nous, qu'un refuge contre l'orage ou le palais d'un roi bienfaisant qui semble n'avoir rien à nous refuser. Ce culte de désir et de crainte n'est que la voix de l'égoïsme ; ce n'est point celle de la vraie piété. L'adoration d'amour, au contraire, celle qui ne cesse de glorifier le créateur pour les merveilles dont il a entouré le genre humain, celle qui n^a d'autre but que de s'élever de plus en plus à la connaissance des perfections divines^ pour en faire le principe de toutes les vertus et de tous les progrès, est, suivant l'expression biblique, « Fencens le plus » agréable à l'Éternel. » L'adoration d'amour, dans la doctrine traditionnelle « a deux fois plus d'effet que » l'adoration de crainte. Si la pénitence, fondée sur la

l. MiscHNAn, Bérachoth, ch. ii, § l.

» crainte parvient à changer les crimes en simples » fautes; la pénitence inspirée par ramoiir transforme » les péchés en actes méritoires ^ ))

Du reste la prière n'est rien par elle-même si elle ne constitue pas vraiment « un acte de soumission , » et d'humilité devant le créateur ^ » C'est ici surtout que la doctrine insiste sur la valeur supérieure du repentir, mais du repentir sincère ' qui ne tente pas impudemment de ruser avec Dieu et avec la conscience. En termes non moins expressifs que l'Évangile, le livre de la tradition déclare que « la pénitence élève )> le pécheur repentant au-dessus du juste qui n'a )') jamais' péché ^ » ^

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Un point sur lequel les docteurs ont particulièrement insisté, c'est celui qui concerne les rapports entre le créateur et la créature, en matière de prière et de culte. L'homme, dans leur conviction, n'a besoin d'aucun intermédiaire, d'aucun médiateur pour com-

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