Ibid., ch. vn, 6. — viii, 5. — xx
ennemies dont il était entouré et qui joignaient à ù|a| perpétuel désir de vengeance contre les envahisseur^ de la terre de Ghanaan, des passions et des haines religieuses implacables. Aussi, pendant les trois siècles qui séparent l'installation des douze tribus dans la Palestine de l'établissement de la royauté, c'est-à-dire de Josué à Samuel, la vie du peuple hébreu se passe tout entière dans ime lutté acharnée contre ses voisins, où, presque toujours, il est défait et réduit en servitude.
Si l'époque des Rois donne à la nationalité hébraïque une forme plus régulière et une base plus stable, elle n'est guère plus brillante sous le rapport moral et social. Le schisme de Jéroboam enlève dix tribus à l'unité nationale et à Funité religieuse. Deux tribus gardent seules leur fidélité à la dynastie de David et au culte du Dieu-Un. Mais, en Juda comme en Israël, ce sont, à de rares exceptions près^ les mêmes défaillances dans le peuple et dans le sacerdoce, le même oubli des devoirs les plus sacrés. Il faut y ajouter la tyrannie des rois, véritables despotes orientaux, qui, pour satisfaire leurs caprices, ne reculaient devant aucune violence ni même devant aucun crime.
Gomment, malgré de tels désordres, l'idée mosaïque a-t-elle pu se conserver et se dégager enfin du milieu corrupteur où elle était comme étoufTée? Ce phéiiomène, plein d'intérêt pour l'histoire, est dû à un fait étrange qui n'a son analogue chez aucune autre
race humaine et qui est à peu près contemporain de la révélation du Sinaï. Nous voulons parler dut prophétisme. >
Il est certain que la mission et les droits souverains des prophètes hébreux furent solennellement établis par Moïse lui-même. Dans le Deutéronome qui est, en quelque sorte, son testament et où sa pensée intime se révèle avec le plus de netteté, il annonce aux tribus de Jacob qu'après «lui il s'élèvera parmi elles d'autres prophètes semblables à lui et qu'il faudra leur obéir' . Antérieurement , lorsqull avait réuni autour de lui les soixante et dix anciens, première assemblée religieuse et politique qui fut, plus tard, le type du Synhédrin juif, si influent à l'époque du second temple, la Bible dit qu'ils furent inspirés du même esprit que le grand législateur et prophétisèrent à son exemple ^ >
En écartant le surnaturel que la phraséologie biblique rattache, comme toujours, à ce double fait, on est autorisé à en conclure que Moïse, prévoyant les périls auxquels la faiblesse morale du peuple hébreu, le contact et l'hostihté des nations païennes devaient
i. Deutéronome, ch. xvm, lo.