‹ Les Pharisiens [microform]Chapitre 473 sur 500 · Talmud, Schabbath 31. a · texte numérisé non relu

Talmud, Schabbath 31. a

2. Béréschith Babba, ch. xxiv. —Jésus dit absolument la même chose au Pharisien qui lui demande quel est le plus grand commandement de la loi. (Matthieu, ch. xxii, 35.) Et il est bon de rappeler que le Pharisien qui l'interroge se déclare tout à fait d'accord avec lui, disant : « Qu'aimer sob^ prochain vaut mieux qu'offrir des sacri- » fices. » (Marc, ch. xu, 32 et 33.)

LES BHÀftISÏENS. 491

la Genèse en parlant dç la création, d'Ads^m, car cette origine commune oblige tous les hommes à s'aimer en frères \ — « Pour être aimé de Dieu, dit encore » Hanina ben Dossa, il ne suffit pas d'étudier et d'ob- )) server la loi, il faut être' aniiriê de l'amour dé ses «semblables^;» ' ' '

A ce principe général de la fraternité sociale, l'école pharisienne en ajoute un aiitre bien àiitréihent caractéristique et touchant et qui, dans sa conception et dans sa forme, lui appartient en propice : c'est celui de la solidarité Universelle. • '

L'humanité n'est, pour elle, qu'une famille, un vaste corps dont tous lés membres, inséparables les uns des autres, sont associés, dans lé bien comme dans le mal, par des liens indissolubles. Ce que les uns font de bon et d'utile profite à' l'ensemble; ce qu'ils font de mauvais et de pernicieux nuit à tous. Tous étant ainsi solidaires, c'est sur la généralité des œuvres que le jùgèmeht divin sera prononcé, de telle sorte qu'un seuljiiste, que dis-je? un seul acte juste accompli à propos peut faire pencher la balance du côté de la grâce, de niême qu'un seul àete inique peut la faire trébucher du côté de la rigueur. Si nous

d. Béreschith Eabba, ibid.

4. Abotii, ch. III j § 13. Cette maxime répond péremptoirement à l'Opinion de ceux qui prétendent que la morale pharisienne était une sorte de réglementation juridique, faisant de l'observation delà loi la règle absolue du devoir.

sommes vertueux, notre mérite peut donc amener le salut de l'humanité tout entière; si nous sommes méchants, 'notre péché peut être fatal à tous nos semblables. Dès lorf, ce n'est plus nous seuls qu'il faut avoir en vue dans toutes nos actions, c'est toute la société au sort de laquelle notre sort personnel est étroitement uni et dont le bonheur ou le malheur dépendent peut-être de la conduite de chaque individu.

La doctrine exprime cette croyance dans une de ces paraboles qui lui sont familières et où, par une progression ingénieuse, elle monte de la solidarité individuelle à la solidarité Israélite, pour arriver enfin à la solidarité universelle.

« Toutes les œuvres de l'homme, dit-elle, forment . » un tout indivisible et c'est sur la majorité de ses » actes qu'il est jugé \ n

« Tous les Israélites, dit-elle également, sont soli- H daires les uns des autres ^. » Puis, elle symbolise cette pensée par l'Âgadah suivante :

« Que signifient le cédrat, la branche de palmier, les » rameaux de myrte et de saule que l'Écriture prescrit » de prendre et d'unir ensemble, au jour de la fête des » Cabanes '. Le cédrat, c'est Israël. De même que ce » fruit a, tout à la fois^ de la saveur et de l'odeur, de

1. Cette maxime qui, ainsi qu'on l'a vu plus haut, est d'Akiba, est mentionnée au traité Aboth, cit. ni, § 22.

Page 1