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LES PARTIS POLITIQUES ET RELIGIEUX

A cette première phase de l'histoire du second temple, ou n'aperçoit pas encore le parti pharisien. Il n'apparaît clairement qu'aux jours de l'insurrection des Macchabées, mais le mouvement inauguré par Ezra fut certainement son berceau. C'est de là que nous le verrons sortir peu à peu et prendre, en grandissant, avec une remarquable énergie, la direction de la société juive^ Au temps d'Ezra, il existait cependant deux grands partis qui vécurent d'abord en bonne intelligence mais qui, bientôt, entrèrent ouvertement en lutte. L'un se nommait les Tsadikim, « les hommes M justes » ou, d'après la forme araméenne du mot hébreu, les Tsadoukim, que Thistoire connaît plus spé-

1. Le soin que mettent les compilateurs du traité Aboth à faire partir l'enseignement pharisien des hommes du Grand Synode, (ch. i"') atteste que, dans les données de la tradition, le mouvement pharisien a toujours été considéré comme contemporain de l'édification du second temple.

cialement sous le nom de Sadducéens. L'autre s'appelait les Hassidim, « les hommes pieux. » Les premiers appartenaient généralement à l'aristocratie; les seconds étaient des savants profondément versés dans l'étude et la pratique de la loi.

Autour des grands prêtres, de la noble famille de Tsadok, s'était groupée naturellement l'élite de la société juive. La plupart des Juifs que Nabuchodonosor avait transportés à Babylone, faisaient partie des classes supérieures. Le vainqueur n'avait laissé en Judée que les plus pauvres du peuple pour servir de laboureurs et de vignerons \ Par ordre du monarque chaldéen les enfants des premières familles reçurent une éducation digne de leur rang^ Plusieurs furent élevés dans son propre palais où on les initia à toutes les sciences de la Chaldée, en même temps qu'ils s'habituaient à la vie fastueuse des cours asiatiques.

Lorsque, l'entreprise d'Ezra ayant réussi, on put croire à la durée .de l'organisation nouvelle, un certain nombre de ces exilés de haute naissance retournèrent à Jérusalem. Leur situation personnelle en fit, avec le sacerdoce, la tête de la nation. D'ailleurs, dans les premiers temps, ils montrèrent un dévouement incontestable pour la consolidation de l'ordre de choses établi. Peut-être, il est vrai, apportaient-ils avec eux les mœurs faciles dont ils avaient

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