ostpnE, Contre Appion,l
4. JosÈPHE, Anf. liv. XII, eh. m. — Le prix que les Juifs attachèrent à ces faveurs fut tel qu'ils datèrent l'avènement des Séleucides
chus I[J, surnommé ïe Grand, fut surtout pour eux une époque heureuse. Ils eurent sans doute à subir de fâcheuses vicissitudes pendant la guerre que ce prince soutint successivement contre Ptolémée Philopator et Ptolémée Épiphane; mais Antiochus, seul maître de la Syrie;, de la Samarie et de la Judée, après la victoire décisive qu'il remporta sur les bords du Jourdain^ les combla de bienfaits, en récompense du dévouement dont ils avaient fait preuve pendant la lutte. Il avait en eux une telle confiance qu'à un moment où la Phrygie et la Lydie se trouvèrent en péril, il y fit passer deux mille familles juives pour en garder les citadelles, sachant que leur fidélité était à toute épreuve \ Toutefois, dans ces temps d'absolutisme persQunel, la tolérance et la justice n'ayant d'autre garantie que le caractère plus ou moins généreux des maîtres de la Judée, le sort de ce pays était sans cesse à la merci d'un caprice ou d'un hasard. Les Juifs ne tardèrent pas à en faire la triste expérience. Le successeur d'Antiochus le Grand, Séleucus Soter, hérita des bons sentiments de ce prince; mais, à sa mort, Antiochus Épiphane, en montant sur le trône de Syrie, loin de suivre la politique de ses prédécesseurs, commença contre le peuple hébreu une/persécution
comme une ère nouvelle dont on fit désormais le point de départ de la chronologie officielle.
1. Josèphe {Ibid.) rapporte un édit de ce prince contenant les dispositions les plus tolérantes et les largesses les plus libérale?. / i- 8
implacable, qui, s'attaquant à la religion plus encore qu*à la nationalité, provoqua une résistance désespérée et fit éclater la grande insurrection hasmonéenne qu'on a appelée, avec raison, « l'âge héroïque » de la Judée. »
Qu'étaient devenus, au milieu de ces incidents divers, le gouvernement des grands prêtres tsadokites et les partis qui s'agitaient autour d'eux?
Ainsi qu'on l'a vu, la Jiidée, grâce à l'espèce d'autonomie que lui avaient laissée les rois de Syrie et d'Egypte, avait pris, peu à peu, les allures d'un Etat régulier et indépendant. En fait c'était une province tributaire dans l'administration intérieure de laquelle ses suzerains n'intervenaient guère. Les grands prétrès, aidés de leurs habiles conseillers sadducéens, avaient profité de cette situation pour nouer et entretenir avec plusieurs nations étrangères des relations quasi-diplomatiques, qui ne constituaient pas sans doute des alliances formelles, mais qui tendaient à introduire la souveraineté pontificale dans le cercle des États reconnus et à lui ouvrir la voie pour agir à l'extérieur avec la môme liberté qu'à l'intérieur.
C'est ainsi que, sous le pontificat d'Onias, on trouve des rapports directs établis entre le pontife juif et
Arias, roi de Sparte, lequel, dans une lettre citée par Josèphe, constate que « les Juifs et les Lacédémoniens » ont une même origine, étant, les uns et les autres, » descendus d'Abraham, et que, dès lors, étant frères, )) leurs intérêts doivent être communs \ »
Mais, tandis qu'il élargissait sa sphère d'action au dehors et au dedans, le sacerdoce usait de son pouvoir de façon à se déconsidérer gravement devant l'opinion publique. Les familles pontificales offraient le spectacle de scandales retentissants où des ambitions criminelles ne reculaient devant aucun méfait. Les compétitions pour la tiare , l'amour du pouvoir suprême avaient poussé des ministres de l'autel . jusqu'à ensanglanter le sanctuaire ; d'autres, comme les prêtres apostats du premier temple, avaient abandonné le culte de Jéhovah pour aller chercher ailleurs les dignités lucratives qu'ils ne pouvaient obtenir à Jérusalem.
A part deux pontifes illustres dont l'histoire enregistre les noms avec respect, Jaddua, qui reçut Alexandre le Grande et Simon le Juste, que la chronique pharisienne a mis en tête des fondateurs de la tradition ^ tous ceux qui remplirent cette haute fonc-