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Josèphe, Antiquités, liv. Xlt, ch. v

2. Le traité Aboih le clésigue comme le dernier des. hommes du Grand Synode et le premier des maîtres pharisiens. (Ch. i, § 2.) « Il » fut nommé le Juste, dit Josèphe {Antiq., liv. XII, ch. n), à cause » de sa piété envers l'Éternel et de ses sentiments généreux envers » ses contemporains. » Jésus, fils de Sirach {Ecclésiastique, ch. l, pas-

tion religieuse n'ont laissé que des souvenirs déplorables ou se sont effacés dans une obscurité qui atteste l'insignifiance de leur vie publique.

Sous la domination des Perses, à l'époque du pon-, tificatde Joclianan, (350 av. J.-C.) son frère Jeschoua, ambitieux de la tiare qu'il s'était fait promettre par Bagos, gouverneur de Syrie, osa porter la main sur son frère, à la suite d'une querelle violente, et le tua dans le lieu saint ^ .

Sous la domination des Grecs, à l'époque même d'Alexandre, Manassé frère du grand prêtre Jaddua, également avide du pouvoir pontifical, ayant épousé Nicasis, fille de Sanabaleth, cuthéen de nation et gouverneur de Samarie, se réfugia dans cette ville demipaïenne et obtint du vainqueur de Darius l'autorisation de bâtir, sur le mont Garizim, un temple samaritain

sïm)^ en parle avec un enthousiasme lyrique où éclate la preuve, de l'estime générale dont il était entouré. « C'est la couronne de son » peuple. Quand il sort du sanctuaire, il apparaît comme le soleil » resplendissant, comme l'arc-en-ciel dans les nuées, comme la rose » au printemps, comme le lys au bord du ruisseau. » Sa maxime favorite conservée parle traité ^ôoï/i, disait : « Le monde; repose sur » trois principes : la loi, le culte et la charité. (Aboth, ch. i, § 2.) »

1. JosÈPHE, Anliqidlés, liv. XI, ch. vu; — Bagos, indigné de ce sacrilège, accourut au temple en l'apprenant et voulut pénétrer dans l'enceinte sacrée interdite aux Gentils où gisait Jochanan assassiné. Comme on s'y opposait : « Me croyez-vous donc plus impur, s'éeria- » t-il, que ce cadavre? » Réflexion fort juste qui né convainquit pas les assistants. — Bagos, irrité, imposa alors aux Juifs un tribut exceptionnel, restreignit leur liberté et, d'après le récit de Josèphe, les « persécuta pendant sept ans. »

rival de celui de Sion \ Devenu le grand prêtre de ce nouveau sanctuaire, il y attira, par son exemple et grâce aux libéralités de son beau-père, un assez grand nombre de prêtres et de lévites, engagés, comme lui, dans des unions illicites avec des femmes étrangères, et un plus'grand nombre de gens suspects qui avaient eu, en Judée, quelque différend avec la justice de leur pays ^ Du reste l'entreprise de Manassé se rattachait de loin à l'ancienne constitution du royaume d'Israël et semblait reprendre, contre les héritiers du royaume de Juda, les traditions mal effacées de la révolte de Jéroboam. Comme autrefois , le culte célébré sur la montagne de Garizim fut aussitôt mêlé de toutes sortes de pratiques idolâtres ^. C'était donc une double insurrection nationale et religieuse. Elle excita

1. Les Samaritainspréteudaient quele mont Garizim, du haut duquel Moïse avait prescrit de prononcer lès bénédictions solennelles en faveur du peuple hébreu, lorsqu'on aurait passé le Jourdain, (Deu- TÉBONOME, ch. XXVII, 12) devait être le vrai centre de la foi et de la nationalité d'Israël-

2. Josèphe {Antiq., liv. XI, ch. viii.) affirme que tous les mauvais garnements de Judée accouraient à Sichem (Samarie), prétendant qu'on voulait les opprimer dans leur pays.

3. « Les Samaritains, dit le livre des Rois (II. ch. xvii, 33 et s.), ado- » raient l'Éternel et servaient en même temps leurs idoles, et leurs » enfants, et les enfants de leurs enfants font jusqu'à ce jour comme » leurs pères ont fait. » Ces Samaritains, métis Israélites mâtinés de Cuthéens, étaient odieux aux tribus de Juda. Au point de vue religieux on ne savait pas bien s'ils étaient ou non idolâtres; au point de vue national, on ne pouvait préciser s'ils étaient Juifs ou étrangers. Ils ressemblent à la chauve-souris de la fable. Ils sont Jaifs ou ]taïens suivant les besoias du moment. Josè[>he les a peints en quelques Iraiis

parmi les fidèles du Judaïsme une indignation qui rejaillit sur le sacerdoce lui-même que l'opinion rendait responsable des méfaits accomplis par quelques-uns de ses membres les plus haut placés.

L'édification du temple de Léontopolis, en Egypte, par Onias, sans être aussi grave que l'acte de Manassé, au point de vue religieux, ajouta néanmoins un nouveau grief à ceux qui existaient contre le pontificat. On n'apprit pas sans une vive désapprobation l'établissement en pays étranger d'un sanctuaire qui menaçait de rompre l'unité du Judaïsme.

Mais ce n'était là que le début d'une série de fautes et de crimes bien autrement odieux. Bientôt on verra le grand prêtre Jason, puis son frère Ménélaos, qui était en mênie temps son rival, se faire les complices d'Antiochus Épiphane, roi de Syrie, pour détruire la religion juive, et, enfin, Jakim ou Alkimos aider les généraux syriens Bacchides et Nicanor à combattre les Macchabées. "

aussi piquants que spirituels : «Ils nous renoncent pour compatriotes, » dit-il, quand nos affaires sont en mauvais état; ce en quoi ils disent » alors la vérité; mais quand la fortune nous est favorable, ils tâchent » de faire croire que nous tirons notre origine du même sang, comme » étant, à ce qu'ils prétendent, descendus de Joseph par Manassé » et Benjamin. » [Ant., liv, XI, ch. vu.) Voir deux exemples de cette versatilité, {Ant. liv. XII, cli. vu.)

La scission dut se faire promptement entre ce sacerdoce corrompu et ces pieux Hassidim qui observaient avec tant de soin la pureté lévitique et la morale austère dont les serviteurs de l'autel violaient publiquement les devoirs. Elle fut bientôt éclatante et complète.

Or, tandis que les Hassidim se séparaient du sacerdoce, les Tsadoukim s'en faisaient, au contraire, les alliés les plus intimes, et, probablement aussi, les plus funestes inspirateurs. En Judée, comme partout, l'aristocratie de naissance était entraînée, par sa nature même et par son intérêt, à se solidariser avec l'aristocratie de l'autel et à appuyer, comme celle-ci, son autorité sur le principe théocratique du droit divin.

Les Tsadoukim et les Hassidim étaient d'ailleurs séparés autant par leurs idées sur la direction à donner aux intérêts du Judaïsme que parleur conduite dans la vie privée.

Les premiers estimaient qu'il fallait se mêler, le plus possible, à la société ambiante pour y chercher des alliances et des forces de nature a venir en aide au peuple juif dans les périls qui pouvaient le menacer. Aussi donnaient-ils l'exemple et ne se faisaient-ils aucun scrupule d'entretenir avec les nations païennes des

rapports intimes, que les Hassidim , très-opposés à toute alliance avec l'étranger, prenaient au contraire à lâche d'éviter.

Les Tsadoukim formaient un parti d'hommes d'État, attentifs à sauvegarder les intérêts politiques de leur pays ; ce n'étaient pas des esprits contemplatifs absorbés dans l'idée de Dieu et dans l'étude de la loi. La loi était certainement pour eux un objet de vénération ; ils la pratiquaient comme tout Israélite , dans ce temps où le culte constituait une partie essentielle de la vie publique, mais leurs pratiques s'arrêtaient au strict nécessaire. Ils consentaient bien à àcccmphr les prescriptions principales des livres sacrés , mais non à aller au delà. Quant à la multitude d'usages et de coutumes que la tradition avait introduits, ils ne s'y soumettaient pas dans leur conduite journalière. Naturellement aussi, ils avaient trop à faire pour s'assujettir scrupuleusement à la pureté lévitique dont chaque Hassid était si jaloux.

Leur manière de vivre se serait d'ailleurs mal accommodée à ces mortifications. Tous étaient gens du monde, patriciens d'éducation autant que de race, riches^ habitués au luxe et au plaisir. En revenant en Judée ils avaient rapporté des brillantes cours de l'Asie l'amour des jouissances de toute nature. Les rapports qu'ils avaient entretenus, depuis, avec les brillants monarques de la Perse, de la Syrie^ de l'Egypte et enfin avec les Grecs, n^'avaient fait que développer ce

sentiment. Les plus hauts emplois étaient entre les mains de cette aristocratie de la naissance, de la fortune et du talent et la mettaient sans cesse en contract avec les peuples et les gouvernements étrangers.

Mais ces conditions, si elles avaient des avantages évidents au point de vue des rapports nécessaires du peuple juif avec ses voisins, avaient aussi leurs dangers.

Par une pente naturelle à l'esprit humain^ et même par leurs tendances particulières, les Tsadokites, pour se concilier les sympathies des rois et des nations avec qui ils avaient affaire, se laissèrent entraîner à des concessions peu compatibles avec l'austérité du Judaïsme. Grâce à l'étonnante facilité d'assimilation qui caractérise la race juive, ils prirent rapidement les mœurs des peuples dont l'intérêt politique les rapprochait. La civilisation en face de laquelle ils se trouvèrent, était, d'ailleurs, aussi séduisante que raffinée. Elle n'avait rien des formes barbares et primitives des anciens cultes idolâtres auxquels Israël s'était si souvent et si honteusement associé. C'était un matérialisme artistique et élégant. Une mythologie charmante y peuplait les cieux de toutes les passions de la terre et justifiait toutes les faiblesses humaines en en faisant le doux passe-temps des divinités de l'Olympe.

Les hautes 'classes de Judée trouvaient ainsi partout devant leurs pas, dans leur vie publique et pri-

vée, d'un côté, toutes les splendeurs des monarques orientaux, de l'autre, toutes les séductions du paganisme grec. L'éclat de la société hellénique ne tarda pas à les éblouir et à les fasciner.

f La Grèce montra, d'ailleurs, autant d'habileté dans sa politique en Palestine qu'elle y mit de coquetterie. Avec un art merveilleux elle fit de la tolérance son moyen le plus efficace de gouvernement. Ainsi que nous l'avons dit, les Lagides, qui avaient hellénisé l'Egypte, y attirèrent les Juifs en foule par toutes sortes de faveurs, comme si les successeurs grecs des anciens Pharaons tenaient à effacer, vis-à-vis du peuple hébreu, le souvenir des persécutions que ses ancêtres avaient subies sur la vieille terre de Mitzraïm. Les Séleucides agissaient en Syrie avec la même libéralité, leur accordant partout le droit de cité auquel! Is attachaient une telle importance qu'ils se nommaient eux-mêmes « Antiochiens )) et paraissaient très-fiers de ce surnom'.

Ainsi encouragés et protégés, les Juifs s'étaient répandus aussi rapidement dans la Syrie et l'Asie Mineure que dans l'Egypte. Mais ils n'y rencontrèrent pas, comme à Alexandrie, de grandes académies où le

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