‹ Les Pharisiens [microform]Chapitre 59 sur 500 · II Macchabées, cb. IV · texte numérisé non relu

II Macchabées, cb. IV

2. II Macchabées, cli. iv ; — Josèphe, Antiq. liv. XII^ ch. vi.

rennemi contre lequel ils entreprirent, dès lors, de

lutter avec acharnement.

Au fond ils ne se trompaient pas. Jamais, en effet, l'idée juive ne courut un plus grand péril que dans son contact avec la civilisation grecque. Elle faillit s'y absorber et périr en s'y corrompant. Les docteurs Hassidim ont le mérite, devant l'histoire, d'avoir vu clairement le danger et d'avoir combattu le mal dans son principe. Seulement, comme il arrive si souvent en pareil cas, la réaction dépassa le but. On ne se corir tenta pas de protester contre l'introduction en-Judée des mauvaises coutumes de la Grèce, on proscrivit les lettres grecques elles-mêmes ; on considéra comme une profanation l'étude et l'usage de la langue d'Homère, de Socrate et de Platon \ Dans l'exagération du fariatisme, on regarda comme un malheur la traduction du Pentateuque en grec et la date de la version des Septante fut marquée « comme un jour

1. Talmud, Baba Kama%2 ; — A/enac/io/^ 64 ; — Sola 49. —Il semblerait, d'après ces textes, que rinterdiction de l'étude du grec serait due à un incident arrivé sous les Hasmonéens à l'époque de la guerre civile entre Hyrcan et Aristobule. Mais tout s'accorde à prouver qu'elle est contemporaine du mouvement qui éclata contre l'Hellénisme tout entier avant les Macchabées. — Du reste il s'agit, peutêtre alors, moins d'interdire la langue grecque que la philosophie grecque. Un docteur juif, pour écarter son neveu de l'étude de la sagesse hellénique, lui faisait ce raisonnement : « Il est dit : « Mé- » dite le livre de la loi jour et nuit ; » cherche 'donc quelle est l'heure, » qui ne soit ni le jour ni la nuit, que tu puisses consacrer à l'étude » de la philosophie des Grecs. « {MénacJwth, 99.)

)) aussi néfaste que celui où les Hébreux adorèrent le » Yeau d'or!. »

Quant à ceux qui désertaient pour les mœurs impies de la Grèce les fortes traditions des vertus juives, on les flétrit comme renégats de l'alliance sacrée, Marchié- Bérith, comme destructeurs de la loi, comme traîtres à leur patrie et à leur Dieu '.

Cet antagonisme souleva des querelles violentes entre les partis. Furieux des obstacles que les fidèles de la Judée opposaient à ces innovations, les juifs helléniens n'eurent pas de peine h provoquer contre leurs pieux coreligionnaires les rigueurs des rois de Syrie. Un grand nombre d'entre eux se rendirent à la cour d'Antiochus Épiphane, déclarant qu'ils voulaient embrasser la religion des Grecs et se soumettre à leurs usages ^ Jérusalem fut dénoncée par eux comme un foyer permanent de complots contre la domination étrangère. Ils prétendirent, non sans raison, que la religion juive était la cause profonde, éternelle, qui entretenait la haine et l'hostilité des Hébreux contre toutes les autres nations.. Ils poussèrent ainsi les rois de Syrie à transporter sur le terrain religieux une question qui, dans les rapports d'Israël avec ses maîtres successifs, était toujours restée sur le terrain purement politique. D'autre part, ils excitèrent leur

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