INTRODUCTION. VII
avaient transmis l'inspiration; c'était Hillel, le doux et pacifique docteur qui a tant d'affinité avec Jésus ; c'était Schanimaï, le savant profond et austère ; c'était Gamaliel, l'homme de justice et de tolérance qui eut Tapôtre Paul pour disciple ; c'était toute cette série de maîtres d'élite dont le Iraité des Pères {Pirké- Abolh) * nous a conservé les noms et les belles maximes, et qui remplit la période comprise entre la construction du second temple et le cinquième siècle de l'ère chrétienne ; c'étaient les chefs et les docteurs éminents des académies de Yabné et de Tibériade en Palestine, de Sura et de Pumbédita enBabylonie. Les paroles justement indignées de Jésus ne s'adressaient certainement pas à ces hommes supérieurs. Lès Évangiles, en une foule de passages que l'on a généralement négligés et que j'ai mis avec soin en relief, attestent au contraire qu'il a toujours manifesté beaucoup d'estime pour les doctrines pharisiennes. 11 disait formellement : a que les Pharisiens étaient » assis dans la chaire de Moïse et qu'on devait leur » obéir ^. » Ce qui est incontestable, c'est qu'à son tour, il s'est placé, sans réserve, sur le terrain pharisien, admettant, proclamant et adaptant à sa messia-
1 . Le traité des Pères, inséré dans le Mischnah,est la nomenclalure de tous les docteurs célèbres du Pharisaïsme, avec renonciation des maximes qui ont caractérisé leur enseignoment.