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Macchabées, cil. Hi

vement hellénique par un grand nombre de leurs membres et de leurs adhérents. Les docteurs hassidéens virent, au contraire, s'accroître encore plus leur influence et leur prestige devant l'opinion. - Le peuple, en effet, ne participait ni aux intrigues d'ambition qui se concentraient dans les régions du pouvoir, ni aUx plaisirs coûteux qui étaient le privilège de la richesse. Naïvement et fermement dévoué à sa foi religieuse, il voyait dans les Hassidimles défenseurs intègres de la loi et les organes de sa propre pensée; il les aimait et les respectait car la pureté de leur vie était exemplaire, tandis qu'il méprisait cette noblesse vicieuse et ces prêtres prévaricateurs gui provoquaient tant de scandales.

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Mais, à côté du peuple, s'était formée une classe moyenne, une sorte de bourgeoisie intermédiaire, fille de la réforme opérée par Ezra. Ce tiers-état va maintenant sortir du demi-Jour où il s'est effacé jusque-là, pour prendre la tête du mouvement.

Les Hassidim, presque tous enfermés dans les vœux sévères du Naziréat, vivaient d'une vie plus spéculative que pratique et se mêlaient peu a;u monde extérieur. Il n'en était pas de même de leurs disciples. Les jeunes gens qui suivaient leurs écoles et se pénétraient de I. 9

leurs doctrines, ne se condamnaient certainement pas aux rigueurs de leur ascétisme. S'ils apportaient dans la société la sévérité des principes moraux et religieux qui leur avaient été enseignés, ils y apportaient aussi des aspirations, des ambitions et des aptitudes beaucoup plus positives. La plupart appartenaient, par leur naissance, aux classes populaires ; mais ils s'élevaient au-dessus d'elles par leur instruction, par leurs travaux, par leur manière de vivre, en un mot par cette supériorité intellectuelle qui a partout créé la bourgeoisie et l'a distinguée du prolétariat. Du reste l'introduction des mœurs grecques et asiatiques en Judée y avait amené, avec le goût du luxe, une prospérité matérielle qui est toujours le signe des époques de corruption. Le bien-être de la classe moyenne, composée d'hommes arrivés à l'aisance par le travail, la science et l'industrie, s'en était notablement accru. Avec une situation plus élevée s'éveilla, dans cette partie de la population, le désir légitime déjouer aussi un rôle utile au sein des événements contemporains, et de faire reconnaître, à côté des privilèges de Faristocratie de race, les droits de l'aristocratie du talent. Durant le gouvernement des- grands prêtres, cette tendance delà jeune génération resta confuse, obscure et réservée. Mais, si les souvenirs historiques très-incomplets de cette première période ne nous permettent pas d'en préciser les progrès successifs, elle se manifesta d'une manière trop nette et trop accentuée

à l'époque des Macchabées pour qu'on puisse clouter qu'elle ne vînt de loin et n'eût de fortes racines dans les faits antérieurs.

Ce qui est incontestable, c'est qu'elle représentait au plus haut degré la pensée populaire. Ceux dont elle était le programme avaient toute la masse de la nation avec eux. A ce titre, ils furent, dès le début, les véritables chefs du parti démocratique dans sa lutte contre le sacerdoce et le patriciat.

Le savant, depuis Ezra, avait remplacé le prophète. Aux tribuns sacrés qui remuaient la foule, censurant les rois et les pontifes et faisant entendre à Israël la parole de Dieu, avaient succédé d'autres tribuns, d'un caractère" plus humain sans doute, mais non moins énergiques pour tonner contre les fautes des grands. Le peuple est avec les orateurs qui l'émeuvent bien plus qu'avec les chefs qui le gouvernent. Les docteurs lui parlaient sans cesse, dans les maisons d'études et dans les maisons de prières^ au nom de la vérité et de la liberté;, ils donnaient à ses misères présentes, par les consolations de la foi, les plus heureuses espérances dans l'avenir; ils soutenaient ses réclamations ; ils défendaient, au sein du grand Synode, ses intérêts^ ses droits et ses croyances séculaires. C'en était plus qu'il ne fallait pour leur assurer, çarmi les masses, une considération et une confiance sans limites.

Si les ïsadoukim étaient le parti de la noblesse, les Hassidim et leurs disciples étaient donc le parti de la

bourgeoisie et du peuple. Nous retrouvons ainsi, en Judée, dès les premiers temps de l'organisation nouvelle, ce double mouvement, en sens opposé, de Faristocratie et de la démocratie, qui apparaît, comme une loi de résistance et de progrès, à toutes les grandes époques de l'histoire.

Lorsque des fautes multipliées eurent discrédité les familles pontificales et patriciennes, il paraît certain qu'une fraction importante du parti hassidéenjugeaqlie l'heure était venue de sortir des spéculations abstraites et de prendre une part plus active à la direction des intérêts du Judaïsme. Cette résolution arriva, vraisemblablement, à son degré de maturité au moment où la persécution inouïe d'Antiochus Épiphane vint mettre en péril le monothéisme dans son principe fondamental • et atteignit la nation juive dans son plus pur patriotisme. C'étaient des pontifes, c'étaient de hauts fonctionnaires qui avaient provoqué cet attentat et s'en étaient faits les complices. Les Hassidim ne purent supporter plus longtemps ce pouvoir impie et corrupteur. Appuyée par eux, une famille secondaire de prêtres devint le champion de l'idée religieuse et nationale, et Tinsurrection des Macchabées éclata tout à la fois comme une lutte contre l'étranger et comme une révolution intérieure contre le sacerdoce et le patriciat.

Cette vérité sera bientôt mise en lumière par l'étude de ce grand soulèvement. Ce qui précède suffit pour

expliquer la transformation qui s'opéra alors au sein du Hassidisme.

Il se fait, à ce moment, dans la phraséologie historique, un changement brusque qui ne peut se comprendre qu'à la condition d'avoir correspondu à une situation nouvelle.

Le nom des Hassidim, qui figure encore dans les premiers temps de la guerre hasmonéenne, disparaît ensuite du récit des événements, et nous voyons apparaître, à leur place, à côté des Sadducéens, deux paiiis nouveaux, que rien n'avait signalés jusquelà, les Pérouschim ou Pharisiens, et les Esséniens*.

D'où sortent ces nouveaux venus, dont le premier, surtout, prend, aussitôt qull entre sur la scène publique, une importance considérable? Ceux qui se sont posé cette question, ne l'ont résolue que par des hypothèses contradictoires, tirées plutôt du nom des di-

1, JosÈPHE parle, pour la première fois, de ces trois partis en ces termes, dans le récit de la guerre des Macchabées. « Il existait alors » parmi nous trois sectes diyerses : celle des Pharisiens, celle des » Sadducéens et celle desEsséniens. » {Antiq-liw.XlU, ch. x.) On remarquera qu'il ne dit pas un mot des Hassidim. — Plus tard lors^ qu'il s'occupe encore de ces trois sectes, à l'occasion du soulèvement de Judas le Gaulonite, (an 6 de J.-C.) il dit qu'elles existaient depuis plusieurs^siècles,(liv. XVIII, ch. ii.) ce qui reporte leur origine aune date voisine des Macchabées.

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vers partis que des événements auxquels ils ont du leur origine, et Ton s'accorde à reconnaître qu'une grande obscurité couvre le berceau des sectes religieuses de la Judée. Nous avouons, en effet, que les preuves absolument historiques font généralement défaut à cet égard ; mais les faits que nous venons de parcourir nous semblent contenir des indices plus sérieux qu'on ne l'a cru jusqu'à présent.

Il importe d'insister sur ce point, que les Hassidim disparaissent, à l'époque des Macchabées, précisément au moment où les Pharisiens entrent en scène pour prendre et ne plus quitter la direction du mouvement réformateur inauguré par Ezra et les hommes du grand Synode. Josèphe, dans le passage qu'on vient de lire, prononce pour la première fois le nom des Pharisiens et des Esséniens à la date même où le Hassidisme s'efface. Désormais les historiens et les écrits traditionnels, oubliant presque les anciens Hassidim, ne s'occupent plus que du Pharisaïsme et des péripéties émouvantes de sa lutte contre le Sadducéisme. Que sont donc devenus soudain ces Hassidim qui, pendant trois siècles, avaient formé un parti si puissant et si populaire?

Une disparition aussi subite et aussi complète serait un des phénomènes les plus singuliers de l'histoire. Elle n'aurait pu se produire sans se rattacher à quelque événement considérable dont les annales contemporaines auraient conservé le souvenir. Or, il n'existe

aucune tracé de la cause qui a ainsi écarté les Hassidim et a fait sortir de l'ombre, comme par un cliangeiiient de décors à vue, les Pharisiens et les Esséniens. Mais, tout devient intelligible si l'on admet que les Hassidim, au lieu de s'être en quelque sorte engloutis sous terre, chose impossible pour une corporation aussi nombreuse, aussi influente et aussi en vue, se sont alors simplement transformés par une de ces évolutions, à peine perceptibles au dehors, qui modifient peu à peu soit les doctrines, soit l'attitude, soit la dénomination d'une écoljB religieuse ou philosophique.

Tel est le point de vue qui nous paraît résoudre le

plus logiquement la question, parce qu'il correspond

le mieux aux événements que nous avons suivis jusqu'à cette époque.

Le Pharisaïsme et l'Essénisme sont, à nos yeux, dans deux ordres d'idées différents, . deux branches consanguines du Hassidisme primitif. Chacune a pris, suivàht sa nature, la sève du tronc principal; mais Tune et l'autre, en se nourrissant de ses sucs, l'ont épuisée et la mère n'a pas survécu à ce double enfantement.

Il dut y avoir beaucoup d'hésitation et de trouble

dans les rangs des Hassidim, lorsque les trahisons du

patriciatetles désordres du sacerdoce tsadokite, joints

^ à la persécution des rois" syriens, vinrent les arracher

à leurs études et les appeler à un rôle plus actif et

plus périlleux. Les plus ardents voulurent se jeter, sans retard, dans la mêlée des événements et des partis ; les autres ne purent se résoudre à abandonner leur vie pieuse pour s'égarer et peut-être se corrompre au milieu des agitations de la société contemporaine.

Ce qui se passa alors est facile à comprendre.

Une fraction, restant fidèle à la tradition naziréenne, se réfugia, contre les orages de ces temps malheureux, dans un ascétisme obstiné.

L'autre fraction, et ce fut la plus nombreuse, « se » séparant » de ses frères en doctrine et les laissanf dans leur retraite, marcha en avant d'un pas résolu, aspirant ouvertement à diriger dans les voies nouvelles le judaïsme réformé.

A ces situations diverses correspondirent naturellement des dénominations caractéristiques et de nouvelles classifications.

La fraction qui se sépara du vieux parti ascétique, s'en distingua par le nom de Pérouschim, Pharisiens, qui signifie en effet « les séparés. »

La fraction qui resta attachée à la doctrine du Naziréat, prit le nom à'Esséniens^ appellation sur laquelle on a discuté autant que sur celle de Pharisiens, mais qui, dans sa forme syriaque, Eassaïm}, a le même sens que le mot Hassidim en hébreu.

1. Dans les livres traditionnels du Pharisaïsme, les Esséniens, toujours cités avec une sympathie qui atteste la communauté d'ori-

Quant aux Pharisiens, leur nom hébraïque, Pérouschim, ne comporte aucune difficulté philologique. C'est incontestablement la secte des Séparés. La seule question qui a divisé les commentateurs est celle de savoir de qui et de quoi ils se sont séparés.

Le savant Geiger* estime qu'ils ont adopté ce nom caractéristique pour établir leur opposition contre tout ce qui n'était pas israélite. Cette opposition était bien autrement accentuée dans le parti des Hassidim et il n'y avait évidemment pas lieu, pour cette seule raison, de changer tout à coup la dénomination générale du parti. •

La plupart des historiens pensent, à leur tour, que les Pharisiens ont été ainsi désignés parce que, dans la pureté lévitique de leurs pratiques, ils vivaient en dehors du peupile, se séparant avec soin deâ autres éléments de la société juive. A ce point dé vue, leur qualification eût bien mieux convenu aux Hassidim naziréens, c'est-à-dire aux Esséniens, qui, en effet, comme on le verra plus loin, se sont retirés du monde et, pour se mettre à l'abri de la corruption universelle,

gine, ont gardé seuls le nom antique de Bassidim. On leur donne môme un titre d'honneur en les appelant « les premiers Hassidim » □"'JI^Nin D'ï'T'Dn. Le mot Esséniens, eccraCoC, en- grec, n'est pas hébreu. Mais l'étymologie la plus rationnelle, d'après ce que nous avons dit de l'origine évidente de cette secte, est celle qui le fait dériver du mot syriaque NDHI» Hassa, lequel est la traduction du mot hébreu VDT\, hassid. Cette étymologie elle-même donne une grande force aux considérations qu'on vient de lire. 1. Urschrifft und Uebersetzungen der ^i&ei, parÂb. Geiger p. 103.

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ont vécu dans un véritable cénobitisme. Mais rien n'est plus contraire que cette hypothèse à l'histoire entière des Pharisiens. Nous les verrons toujours fortement mêlés à l'ensemble du peuple, vivant de sa vie et le faisant vivre de la leur, et professant la doctrine la plus sociable, la plus pratique qui se puisse imaginer. Tous se faisaient un devoir et un honneur de joindre, dans la vie privée, un état manuel à l'étude de la loi ; tous aspiraient, dans la vie publique, à concourir à l'administration des affaires. Ils ont posé d'ailleurs, comme maxime dominante, ces deux principes de raison et de sagesse : « L'étude de la loi doit s^allier » avec la vie sociale. » — « Il ne faut jamais se séparer » de la communauté *. »

Non ! ce n'est pas du peuple que s'étaient éloignés les Pérouschim ; c'était de ceux, au contraire, qui, persistant dans la théorie ascétique des Hassidim, préféraient la vie contemplative à la vie active, à un moment où, par la faute du pontificat et de l'aristocratie, le Judaïsme, en péril de mort, réclamait les plus patriotiques dévouements et les plus énergiques concours. Quand nous voyons surgir,, tout à coup, de l'obscurité le mouvement pharisien précisément à l'heure où éclate le mouvement national, et quand l'histoire nous démontre ensuite que la victoire des Hasmonéens a été aussi celle duPharisaïsme, il est impossible de ne

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