‹ Les Pharisiens [microform]Chapitre 72 sur 500 · Traité Abûth, ch. i · texte numérisé non relu

Traité Abûth, ch. i

définitive. Les successeurs des deux premiers duumvirs seront, en effet, de simpjes docteurs, sortis de la bourgeoisie et du peuple, n'ayant aucune origine sacerdotale ni théocratique, fils de la démocratie et la faisant triompher avec eux.

Ce qu'il faut également remarquer dans les changements intérieurs qui se firent en ce temps, c'est le dédoublement de la puissance souveraine. La branche cadette de la race d'Aaron prit, en la personne des Hasmonéens, le ponlificat devenu vacant par la déchéance et l'expulsion des grands prêtres tsadokites*; mais, dès ce moment, le pouvoir qui se concentrait sur la tête du pontife, se trouva partagé. Juda Macchabée, s'il est vrai qu'il reçut la tiare, ne fut plus à la fois grand prêtre et nassi du Synhédrin, puisque nous venons de voir cette dernière fonction déférée, alors, à José ben Yoézer. Cette assemblée, dont nous étudierons les importantes attributions lorsqu'elle fut complètement réorganisée sous Hyrcan, le second prince hasmonéen, devenue dès lors indépendante du pontificat, revêtit une autorité propre très-

1. Josèphe affirme que Juda Macchabée futproclamé souverain pontife par un vote unanime duipem^le.{AïiUquUés,\iy.Xll,cli.xYih) Les deux livres des Macchabées ne confirment pas ce fait qui, cependant, est vraisemblable, car il n'est guère admissible qu'on ait laissé alors le pontificat vacant. Mais le fait important du récit de Josèphe, c'est le vote populaire qui substitua, alors, pour le pontificat et, sous Simon frère de Juda, pour le pouvoir politique, l'élection nationale à l'élection divine. Nous insisterons sur ce fait considérable en parlant de l'élévation de Simon à la suprême puissance.

considérable. Elle fut désormais la représentation la plus complète de la nation et la plus large expression delà puissance publique. C'est en elle que résida la véritable souveraineté.

Ces faits font comprendre le vrai caractère de la révolution politique, et religieuse qui, par le bras des Macchabées, en délivrant la Judée du joug étranger, porta une atteinte mortelle au pouvoir théocratique des prêtres et au système aristocratique du patriciat. La nouvelle organisation se manifeste clairement par le texte même des actes publics de cette époque, dont nous possédons les formules officielles. Auparavant, les documents diplomatiques émanés des rois et des nations étrangères, et ceux qui leur étaient adressés, portaient simplement le nom du grand prêtre en exercice, a Le roi Ptolémée à Éléazar grand prêtre, » salut! )) — « Le grand prêtre Éléazar au roi Pto- » lémée, salut! » — « Arias, roi de Lacédémone à » Onias, salut! * » — Au temps des Macchabées la formule se modifie de façon à correspondre à la révolution accomplie. Le souverain pontife ne traite plus en son nom personnel, mais avec le concours du Synhédrin et du peuple. « Jonathan, grand prêtre, le )) sénat''' et le peuple juif, aux Éphores, au sénat et au

Page 1