II MACCHABÉE3, ch. VU, SO
.2. Ibid. 49.
Juda avait profité de la^ trêve qui suivit ses derniers triomphes, pour rechercher des alliances de nature à rassurer sa patrie contre les nouvelles entreprises de ses ennemis. On lui conseilla de s'adresser aux Romains, et il envoya effectivement à Rome deux ambassadeurs, Eupolemos,fils de Jean, et Jason, fils d'Eléazar, pour négocier un traité d'alliance offensive et défensive. Qui lui donna ce conseil? Quels étaient ces envoyés ? Tout se réunit pour démontrer que les inspirateurs de cette ambassade et ceux qui en furent chargés appartenaient au parti sadducéen dont les membres importants s'étaient, sans doute, ralliés au pouvoir vainqueur ou, peut-être, étaient restés fidèles. Les considérations exposées dans le premierlivre des Macchabées à l'appui de ce projet diplomatique, révèlent une connaissance sérieuse de l'histoire des Romains et de la situation ititernationale, ainsi qu'une.appréciation intéressante des raisons qui devaient faire désirer leur amitié. Aucun des vieux Hàssidim ni des jeunes Pharisiens ne pouvait être ainsi initié aux choses de la politique générale. Les premiers, confinés dans leurs méditations pieuses, n'avaient jamais eu l'expérience de ce qui se passait à l'extérieur;
les seconds ne l'avaient pas encore. Le Sadducéisme seul comprenait de véritables hommes d'État, capables d'élaborer habilement toutes les combinaisons de la politique intérieure et étrangère. C'est très-vraisemblablement à leur instigation que Juda songea à s'allier aux Romains. Les ambassadeu;rs qu'il envoya à Rome, durent d'ailleurs, pour pouvoir remplir avec autorité leur difficile mission, appartenir aux premières familles de Judée.
La tradition rapporte que Juda rêvait aussi d'autres alliances et « qu'il regardait en même temps vers les )) montagnes de l'Orient, attendant du secours des » Perses *. » L'idée de chercher un appui auprès des rois de Perse ennemis des rois de Syrie, était, en effet, très-pratique. On comprend qu'elle ait dû venir à l'esprit habile des Sadducéens et qu'elle ait souri à Juda Macchabée. Une négociation parait avoir été entamée à ce sujet avec Mithridate 1" roi des Parthes, qui venait d'obtenir un succès contre les Syriens du côté de l'Euphrate ^
Ces projets soulevèrent Topposition et excitèrent la défiance des Hassidim. Leur attitude en cette occasion avait plusieurs motifs également graves sinon également justes.
D'abord ils ne purent voir qu'avec un certain déplaisir la nouvelle intervention du parti tsadokite dans
\. MiDuxscu, Hauoukahl, liO.