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le gouvernement. Les Pharisiens, dont la secte naissante aspirait visiblement à la direction des affaires^ en durent être particulièrement froissés. Cependant le vainqueur de Nicanor n'avait pas tort en agissant ainsi. S'il conservait un respect légitime pour ses pieux, associés , il ne pouvait avoir une grande confiance dans leurs talents diplomatiques. Il allait donc, par raison et par intérêt, du côté où était la science du gouvernement, c'est-à-dire vers les Sadducéens. Il montrait même un tact incontestable en s'efforçant de rallier lepatriciat, comprenant bien que, si les Hassidim étaient la foi qui exalte les courages et si le peuple était le nombre qui détermine le sucpès, les Sadducéens étaient l'intelligence pratique, la richesse et l'antique illustration, toutes choses fort avantageuses dans l'art de gouverner.
Du reste raristocratie juive s'était visiblement rapprochée du nouvel ordre de choses. Tandis qu'Alkimos, représentant le sacerdoce, tentait de reconquérir le pouvoir par la force et par l'appui des oppresseurs de la Judée, les Sadducéens rentraient doucement dans la place, reprenaient leur influence dans les régions officielles et tâchaient de confisquer la révolution à leur profit en devenant les conseillers de celui qui en était le chef. Oh ! c'étaient des diplomates retors et d'adroites gens que ces Tsadokites rompus aux intrigues et habitués, par trois siècles de domination, au maniement des hommes et des choses ! Ils virent bien
qu'ils ne comprimeraient pas le mouvement. Au lieu de s'épuiser à le combattre à l'exemple d'Alkimos, ils préférèrent le conduire, très-convaincus qu'ils auraient ainsi toute facilité pour le diriger dans leurs vues et dans leurs intérêts.
Ce rapprochement rendit Juda suspect à ses amis pharisiens qui sentirent, d'instinct, combien leur influence en était diminuée.
Leurs objections contre les idées d'alliance avec les étrangers venaient d'ailleurs d'une doctrine hassidéenne qui les séparait profondément du Sadducéisme ; elles venaient aussi des souvenirs fatals de l'action corruptrice que les rapports avec les Grecs avaient exercée sur le Judaïsme.
Les Has&idim professaient, en effet, en matière politique, surtout en ce qui concernait les relations avec les peuples étrangers, une doctrine de foi passive qui, poussée à l'extrême, aurait ressemblé de très-près à une sorte de fatalisme. Assez embarrassés de concilier la prescience divine avec la liberté humaine, ils tournaient la difficulté en proclamant, sans réserve^ l'intervention permanente de la Providence dans les affaires de ce monde. C'est sur le secours de l'Éternel qu'ils comptaient, en toute circonstance grave, bien mieux que sur les combinaisons des diplomates et la stratégie desgensde guerre, pour protéger et délivrer Israël. Ils répétaient; avec une confiance immuable, le mot de Moïse : « Dieu combattra pour vous; quant à
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» TOUS restez tranquilles ^ ; » et les paroles du Psalmiste : « H vaut mieux se fier à l'Éternel qu'aux fils^ » de l'homme^; » — «les grandes armées né donnent )) pas le salut; c'est l'œil de Dieu qui garde tous ceux » qui le craignent ^ ))
On a vu cependant qu'ils n'allaient pas jusqu'à l'immobilité et qu'au : contraire, ils savaient soulever le peuple et l'entraîner à la guerre sainte ; mais ils voulaient qu'il eût foi, au-dessus de tout, en la protection divine. Israël, disaient-ils, n'a pas besoin de s'unir, pour cela, aux peuples idolâtres ; la faiblesse du nombre ne fait rien au succès des causes justes et le Dieu qui détruisit l'armée de Sisara devant Barak sur le fleuve Kison, celle d'Ammon et de Moab devant Josaphat dans la vallée de Bérachah et celle de Sénnachérib devant Jérusalem, anéantira, de même, tous les ermemis de Juda.
Les Sadducéens étaient loin de partager cette foi naïve. C'était le parti actif et politique de la Judée. Il ne faisait entrer l'idée religieuse dans ses plans qu'autant qu'il le fallait pour ne pas blesser certains scrupules avec lesquels il y avait à compter; mais, s'il ne niait pas l'intervention de la Providence dans la marche des choses humaines, il pratiquait avec raison la maxime : « Aide -toi le ciel t'aidera. » Conïprenant la