‹ Les Pharisiens [microform]Chapitre 90 sur 500 · JosÈPHE, Anliq. liv. XIII, ch. xiv et xv · texte numérisé non relu

JosÈPHE, Anliq. liv. XIII, ch. xiv et xv

où Ben Chabub s'était réfugié; mais, pour préserver la vie de sa mère que ce misérable faisait battre de verges sur les remparts, menaçant de la précipiter duhaut des murs, il consentit à retirer ses troupes, et Ben Chabub put s'enfuir auprès de Zenon, surnommé Gotylan, qui avait usurpé la tyrannie dans la ville de Philadelphe.

Antiochus Soter, alléché par les propositions de l'assassin de Simon, envahit alors la Judée dans, le dessein de reconquérir au moins les possessions que les Macchabées avaient annexées à leurs états et qu'il avait vainement tenté de reprendre sous le gouvernement de Simon, Il mit le siège devant Jérusalem où une famine se déclara. On dit qu'ému de compassion, comme, bien des siècles plus ,tard, Henri IV sous les murs de Paris, il faisait passer de son camp des vivres aux assiégés. Dans de telles dispositions la paix fut facile à conclure. Antiochus confirma aux Juifs leur indépendance nationale, sous la condition qu'on lui céderait Joppé et les autres villes situées hors de la Judée proprement dite.

Débarrassé de cette complication extérieure, Hyrcan put se consacrer paisiblement au gouvernement de l'État juif.

Avec beaucoup de sens et de perspicacité, il comprit qu'à côté du parti aristocratique dont l'expérience politique était d'un grand prix pour la direction des affaires^ les Pharisiens formaient un parti populaire

puissant, ayant une influence immense sur l'esprit public, et dont il importait de s'assurer le concours. Le rôle du Nassi lui parut, avec raison, devoir tendre à faire du chef de l'État le trait d'union des deux sectes rivales, en donnant aux uns et aux autres une part équitable dans le gouvernement, suivant leurs aptitudes particulières.

C'est à cette œuvre d'équilibre et de pacification intérieure qu'Hyrcan employa tous ses efforts et c'est elle qui distingue son passage au pouvoir. Mais, avant de dire comment il parvint à l'accomplir, il est opportun d'examiner quel était alors le caractère de la querelle des Pharisiens et des Sadducéens et le but réel qui se cachait sous leur polémique en apparence purement théorique et doctrinale.

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