‹ Les Pharisiens [microform]Chapitre 92 sur 500 · II. Macch., ch · texte numérisé non relu

II. Macch., ch

reflète, sans doute avec toutes ses passions, mais aussi avec toute sa netteté.

Quant à l'auteur inconnu de la lettre aux Égyptiens, il appartient incontestablement au parti des Hassidim ou plutôt de à Pharisiens déjà fort en vue à cette époque. Les preuves de cette origine ressortent, ainsi qu'on va le voir, de tout l'ensemble du livre ; mais elles sont visibles dans le style et la forme même de cette épître qui parle un langage inspiré par un sentiment éminemment religieux, qui se plaît à rapporter d'antiques traditions, et qui, par son but même, l'exhortation de célébrer une cérémonie pieuse, ne peut émaner que d'un croyant. C'est plus qu'il n'en faut pour révéler, dès l'abord, une main hassidéenne.

Le second livre des Macchabées n'est donc pas seulement l'œuvre d'un contemporain; c'est surtout l'œuvre d'un Pharisien imprégné de toutes les idées qui caractérisaient son parti à l'époque de Tinsurrection.

Il n'en est pas de même du premier. Écrit au moins trente ans plus tard, probablement sous le gouvernement d'Hyrcan P% après la pacification de la Judée et l'installation définitive de la dynastie hàsmonéenne, il se produit dans un milieu très-différent. Les choses avaient bien changé dans cet intervalle. Les nouveaux chefs de la reUgion et de l'État s'étaient rapprochés des anciennes familles patriciennes qu'ils avaient tout intérêt à rallier à leur pouvoir naissant. Si le parti

pharisien exerçait toujours son influence puissante sur les masses, le parti sadducéen régnait à la nouvelle cour. C'est dans cette situation que le premier livre des Macchabées fut rédigé. Son auteur s'est manifestement inspiré de l'esprit qui dominait alors dans les régions officielles. Historiographe de la nouvelle dynastie et flatteur du pouvoir, il s'attache bien plus à mettre en relief les titres des princes que les sentiments du peuple.

On le voit, dès le début, fort préoccupé d'établir la légitimité de la maison régnante. Ne pouvant en rattacher la généalogie à Phinées, et bien forcé de reconnaître en elle seulement une branche collatérale, il la fait cependant sortir de ce Yéhoyarib à qui le sort assigna le premier rang parmi les nombreux enfants d'Éléazar*.

Le second livre des Macchabées, profondément imbu des idées révolutionnaires, ne daigne pas même faire mention de la filiation sacerdotale du héros national; Pour lui Juda est le représentant du peuple et non l'héritier du pontificat. Aussi ne dit-il pas un mot de Mattathias, son père, ni de sa prétendue origine illustre. C'est à peine s'il s'occupe, en passant, des frères du vainqueur de Nicanor. Simon, celui qui sera le vé-

i. I. Chroniques, ch. xxiv, 7. — Malgré cela, le premier livre met dans la bouche de Mattathias, à son lit de mort, des paroles tendant à rattacher plus fortement le nouveau sacerdoce à la descendance de Phinées. « Phinées, notre père, dit Mattathias, obtint l'alliance de la » sacrificature éternelle. » (ch. ii, 54.)

ritable fondateur de la dynastie, celui que, d'après l'auteur du premier livre, Mattathias, au moment de mourir, signala comme le plus habile, le plus capable de servir de père et de tuteur à ses frères *, est apprécié deux fois par l'auteur du second livre sous des rapports peu favorables. La première fois, il l'accuse presque de trahison, du moins d'une négligence plus que coupable, puisque, sous ses yeux, ses soldats auraient été gagnés par les ennemis au moyen d'une forte somme d'argent ^ ; la seconde fois, il le montre hésitant et immobile en face de Tarmée de Nicanor ^

Dans le premier livre, au contraire, sil'enthousiasme du peuple pour Juda ne permet pas que les exploits de ce vaillant insurgé soient dépréciés, cependant il ne joue plus seul le principal rôle. Ses frères y sont généralement associés. On leur attribue, à ses côtés, des actions d'éclat. Ce sont eux, d'ailleurs, par leur habileté diplomatique autant que par leurs victoires, qui ont' la gloire d'assurer enfin l'indépendance de la Judée.

On voit combien diffère l'objectif des deux écrivains. L'un est l'organe du mouvement démocratiqiie qui a marqué le début du soulèvement; l'autre est l'historien du régime aristocratique qui a prévalu dans la politique finale des Hasmonéens.

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