‹ Les Pharisiens [microform]Chapitre 94 sur 500 · Ibid. ch. vit · texte numérisé non relu

Ibid. ch. vit

livre garde un silence absolu sur ce fatal événement où les plus illustres du parti hassidéen expirèrent dans les supplices.

De telles omissions, de telles dissemblances de rédaction touchant les mêmes faits, ne sauraient être le résultat du hasard. Elles trahissent un système préconçu, symptôme significatif d'un antagonisme profond.

Les deux livres des Macchabées sont donc de véritables manifestes de partis; on pourrait même dire des pamphlets politiques où les factions rivales ont mis leurs passions et leurs haines. Ils fournissent, dès lors, de précieux témoignages pour l'étude des grandes controverses qui ont, dès cette époque, déterminé entre le Pharisaïsme et le Sadducéisme une lutte si ardente et si obstinée.

Cherchons, maintenant, dans ces écrits inspirés par des sentiments si divers, les points qui séparaient alors les Pharisiens de leurs adversaires.

Trois grandes questions dogmatiques apparaissent dans ce double recueil, comme ayant surtout divisé les deux partis militants. L'une est celle de l'inviolabilité du jour de repos ; l'autre, celle de la vie future;

la troisième, celle de la Providence.

Les Hassidim et, après eux, les Pharisiens n'admettaient pas qu'on pût, même au péril de la vie, transgresser la loi de Dieu. On devait subir le martyre, s'il le fallait, plutôt que de violer un commandement sacré. Le repos sabbatique était, particulièrement, entouré par eux d'une vénération extraordinaire, nonseulement parce qu'il était prescrit par le Décalogue *, mais encore parce que la tradition prophétique avait toujours attribué les malheurs d'Israël à la violation de cette solennité ^. Aussi, loin de livrer bataille en ce saint jour, ils préféraient se laisser massacrer plutôt que de prendre les armes. C'est à peine si, plus tard, l'école pharisienne,. éclairée, par une foule d'exemples néfastes ', sur les périls de ce fanatisme religieux, distingua entre l'offensive et la défensive et autorisa le combat, même pendant le jour de repos, lorsqu'il s'agissait de repousser une attaque **

Les Sadducéens, beaucoup moins résignés au martyre que leurs pieux adversaires, protestaient, avec raison, contre cette superstition désastreuse, estimant que le salut du peuple est supérieur à l'observation d'une pratique du culte. Us conseillaient donc de ne

i. Exode, ch. xx, S, 9 et 10.

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