Il Macch. ch. VI et vu
làO LES PHARISIENS,
douloureuses épreuves ne sont d'ailleurs que l'exception. Juda, d'après le second livre, ne cesse d'observer rigoureusement les préceptes sacrés et Juda ne cesse d'être vainqueur.
On voit par ces citations combien était vive la discussion sur cette grave question religieuse. Certes les Sâdducéens étaient, en ce point, dans le vrai, et l'on ne comprendrait pas comment, avec cette croyance superstitieuse, le Hassidisme ait pu entraîner si souvent les masses à une mort certaine, si l'on ne savait jusqu'où le fanatisme exalte l'imagination des hommes.
Cependant, s'il n'avait eu : d'autre moyen d'action que la foi aveugle, il est peu probable que le parti des docteurs fût parvenu à exercer une influence aussi puissante sur l'esprit des Juifs de son temps. Mais, il professait, en outre, une doctrine qui l'élève fort audessus de ses adversaires, et qui est devenue,- dans la société chrétienne comme dans la société juive, le principe des plus hautes vertus morales : c'-est la croyance en l'immortalité de l'âme qui, d'après le Pharisaïsme, comme d'après le Christianisme, s'est plus particulièrement affirmée par l'espérance de la résurreclion. '
Le premier livre des Macchabées, écho des idées sadducéennes, ne se préoccupe guère des sombres problèmes de la vie future. Hommes d^Etat, avant tout, menant les affaires publiques avec les ressources matérielles qu'ils avaient à leur disposition, les Sadducéens ne songeaient pas à dogmatiser sur l'éternité. Le récit écrit sous leur inspiration garde cette réserve prudente. x\u moment même où Mattathias réunit ses fds à son lit de mort et où une occasion toute naturelle lui est offerte de soutenir leur courage en leur faisant entrevoir les consolantes éventualités de la vie éternelle, il ne prononce pas même une parole qui y fasse allusion '. Le silence du livre entier sur un dogme qui, à cette époque, était un des plus remarquables éléments des croyances populaires, est trop caractéristique pour ne pas répondre à une doctrine de parti.
Les Pharisiens, moins habiles sans doute dans Tordre politique, connaissaient mieux les vrais moyens d'enflammer l'enthousiasme et le patriotisme. C'est avec la foi en l'immortalité et en la résurrection qu'ils poussaient le peuple au combat et, au besoin, au martyre. Dans la bouche de cette mère héroïque qui périt avec ses sept fils sous le fer des bourreaux, et dans les dernières paroles de ses enfants, cette grande espérance éclate avec une énergie merveilleuse : « Toi, » meurtrier, tu nous ô te s la vie présente, mais le roi