Gènes., XV, 9-i
tî LKS PHÉMCIKNS ET L'ODYSSKE.
Le mot hébraïque |ui-m(^ine, nnn, berit, traité, contrat, serment, semble dérivé de la racine ma, bar a, couper, fendre^ l'n traité pour les Hébreux est donc une fissure, une coupure. Pour les Grecs homériques, c'est une Hure, un enclos, un engagement, opxo;, spxco, ou une versure, une libation, trovot]. Cette seconde expression, habituelle déjà aux héros achéens, devient le terme courant de l'antiquité grecque et romaine, spondere, sponsa, et le scholiaste homérique l'explique avec justesse : « spondè, dit-il, cVst le vin versé sur les offrandes, puis le contrat, le serment qui en découle ». Les héros homériques parlent « du sang des agneaux, des libations de vin pur et des mains unies qui engagèrent leur foi »,
où [JL£V TTio; Saiov itsAei opxiov al|jià T£ àpvwv
TTTOvoa'l T axprjTOi xal oeÇial r^^ £7:£:î'.0|JLev'.
La véritable traduction grecque de la formule hébraïque, nna nir, karat berit, couper une coupure, serait donc (et c'est en réalité) verser une versui^e, TJtovoi^ <nzhùtv^oLi, comme disent les Hellènes classiques, ou verser les choses du serment, opxi' £y£yav, comme dit le poète homérique^ Mais couper les choses du serment, opx'.a Ti[jLV£iv, ne semble pas correspondre à quelque rite précis du serment grec. Les scholiastes* ont expliqué cette métaphore en disant que les victimes sur lesquelles on faisait la libation étaient sacrifiées par des coupures, des incisions, o etti oC £vto[jiiov 6'JTiav T:otT|(Tajx£voi, toîJt' etti O'jo-icov. Les modernes ont rapproché de cette vieille formule grecque la formule latine foedus ferire, icere, percutire, frapper un serment, c'est-à-dire « frapper de la lance, du couteau ou de la masse la victime sur laquelle on va jurer ». La formule latine implique simplement une victime que Ton assomme ou que Ton égorge, mais non que Ton fend en deux pour la disposer à la mode hébraïque de chaque coté du passage. Il faut noter d'ailleurs, avec le scholiaste, que l'expression couper un traité est particulière à Homère et à Hérodote; elle semble propre aux cités maritimes de l'Asie Mineure. Les auteurs et les peuples de la Grèce européeime ne l'ont pas employée. Les seuls lettrés ou versificateurs de l'époque classique ont quelquefois emprunté cette expression homérique; mais la façon même dont ils en usent prouve qu'ils ne la comprenaient plus : couper une versure, dit Euripide, oTTovoa; T£p£iv*', unissant ainsi en une monstrueuse métaphore le verbe homérique couper et le substantif classique libation.
Dans VIliade pourtant, deux passages sembleraient à première lecture fournir une explication de la formule couper les choses du so^ient. Au chant 111 (V. 275-500), Agamemnon conclut avec Priam un arrangement et l'on échange