Eurip., Jlrl., v
(les serments solennels; a puis, de son airain sans pitié, il fit aux agneaux Tablation de restomac et déposa les victimes palpitantes sur le sol »,
xal Toi; [JLSV xaTsOr^xev iizl yQovoç àTTiatpovTa;.
Au chant XIX (v. 255-270), Agamemnon jure que jamais il n'a partagé le lit de Briséis; « puis de son airain sans pitié, il fit au cochon l'ablation de l'estomac et Talthybios jeta la victime dans la mer écumante pour devenir la nourriture des poissons » ,
T, xal àico a"r6[JLayov xaTrpo'j TajjLe vrjXeï yaXxw.
C'est le verbe couper en arrachant, à7:oT£[jLV£»,v, que je traduis par faire l'ablation. Nous nous rapprochons un peu de la coupure et du serment coupe'. Je crois pourtant qu'il subsiste une différence fondamentale entre ce rite homérique de Tablation et le rite hébraïque de la coupure. L'ablation, qui n'est qu'un mode de tuerie, n'implique ni le partage en deux ni la disposition des deux moitiés de chaque côté d'un passage. Or la coupure homérique des choses du serment me parait impliquer, comme le karat berit hébraïque, ce rite de la scission. Les Hellènes ne semblent pas avoir connu ce rite; mais les Chananéens le possédaient. Notre Turc de Thévenot ne connaissait ni le culte de la Vierge ni la puissance de saint François : il savait pourtant réclamer des Francs un serment par Tun et par l'autre. Si les héros achéens, de même, parlent de serments coupés, c'est que, dans les îles et villes maritimes de l'Asie Mineure, on savait exiger des marins étrangers un serment à la mode chananéenne.
Revenons à notre Turc et aux corsaires de Thévenot :
Après que les corsaires lui eurent juré, reprend Thévenot, le Turc leur fist tourner la proue vers Castel Pelegrino, à dix milles au-dessous du mont Carmel....
De tout temps, les corsaires ont trouvé parmi les indigènes des complices volontaires ou forcés. A Ithaque, le père du prétendant Antinoos a du se réfugier un jour dans le palais d'Ulysse. Le peuple le poursuivait et le menaçait de mort, parce qu'il avait conduit les pirates de Taphos sur les terres des Thesprotes, alliés d'Ithaque :
5fi[jL0V uTTOôeto'aç • ov) yào xeyoAwaTO Xi/jV oGvexa XTiiTT/ipo-iv eittTTtôjjisvo^ Tacpioidtv Tixaye OsTTcpwTO'J^ • ol o' Tjjxtv àp6[jLtot 7i<rav*.
C'est le métier que fait ici notre Turc. 11 conduit les corsaires francs chez les