‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 100 sur 343 · W., ibid., p · texte numérisé non relu

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aux arbres, des plantations, des chônes verts et des poiriers en fleurs lui font au pied comme une autre mer de verdures. Entièrement isolée, cette butte est une île véritable. De la grande terre, c'est avec la silhouette d'un îlot qu'apparaît son bloc de trachyte : ses roches noires et coupantes, enlisées dans le sable marin, sont tout à fait distinctes des collines blanches qui font le rebord du plateau phlégréen. Entre ces collines blanches et notre butte noire, se creuse une longue dépression, tout emplie de vignes et de cultures, — un au/on, un canal, nous diront tout à l'heure les historiens antiques, — dont le point le plus élevé n'est pas à 25 mètres au-dessus de la mer, alors que le sommet de la butte est à 84 et que les collines phlégréennes dépassent 100 ou 150.

Du côté de la terre pourtant, malgré cette couverture, la Haute Ville dut toujours se munir de remparts pour compléter sa forteresse naturelle.

Le flanc de la butte, qui regarde la terre, porte encore les murailles en ruines que les occupants successifs dressèrent contre la cupidité ou contre la juste colère des terriens. Car durant les vingt ou trente siècles (le son histoire écrite, la butte vit constamment les mêmes guerres se renouveler. Kume, à travers les âges, fut toujours une ville des étrangers. Place de commerce ou nid de pirates, elle était pour les terriens un perpétuel sujet de craintes et d'alarmes, un constant objet de cupidité et d'envie. Tantôt par leurs richesses, tantôt par leurs méfaits, tous les étrangers, qui vinrent occuper ce site, attirèrent contre leurs murailles les attaques des indigènes. Kume est déserte depuis 1207 : les Napolitains vinrent alors la détruire à cause de l'appui qu'elle donnait aux pirates. Au ix*" siècle déjà, les Napolitains en avaient délogé les corsaires sarrasins. Deux siècles plus tôt, les mêmes Napolitains étaient venus l'incendier pour en expulser les Lombards (7iO). Avant les Lombards, c'étaient les Goths de Totila qui, de cette forteresse imprenable, avaient fait le centre de leurs razzias et le coffre-fort de leurs vols. L'historien byzantin, Agathias, nous raconte longuement les opérations de Narsès contre cette place (554) :

FiG. 0. — Kume vue du continent*.

Kume est une ville d'Italie, très forte et telle que la prise en est fort difficile. Car

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