‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 99 sur 343 · Odyss., IX · texte numérisé non relu

Odyss., IX

volcaniques, elle a toujours été habitée : « La ville est bâtie sur le côté Est de File (en face du continent) avec une citadelle placée sur un rocher insulaire, qui est élevé de 113 mètres et réuni à la ville par une chaussée de 570 mètres. Les barques s'amarrent au rocher avec une ancre au large, d'un côté ou de Tautrc, suivant les vents*. » Ce mouillage forain ne peut nullement être notre bon port odysséen. Non loin de là, les Instructions décrivent un « Port del Bagno, situé à 1 mille 1/2 dans TO.-N.-O. de la citadelle : c'est un petit bassin dont l'entrée très étroite est ouverte au N.-E. ; son entrée est défendue au N.-O. par une jetée courbe de 270 mètres de longueur. » Avant la construction de la jetée, ce bassin ouvert aux vents et aux houles du Nord ne pouvait pas être, lui non plus, le mouillage tranquille où les vaisseaux n'ont besoin ni d'ancre ni d'amarres. L'île n'a pas d'autre port : « La côte Nord est rocheuse et ne doit pas être rangée à moins de trois encablures. Les deux pointes, Vico et Cornacchia, sont hautes, accores et bordées de falaises. Entre la pointe Vico et la pointe délia Scrofa est une petite plage [entièrement ouverte vers le Nord]. » Les autres côtes de Tile ne sont que roches, pointes saillantes, falaises escarpées, sans mouillage.

Quant à Procida, c'est une petite ile, peu élevée (de 40 à 75 mètres), couverte de jardins et de vignobles. Elle a quelques anses sur sa façade orientale. Mais, nulle part, elle n'a de mouillage fermé. Tout près d'elle, au Sud-Ouest, le petit îlot Vivara, haut de 109 mètres « forme avec elle une baie de trois encablures de largeur, dans laquelle les caboteurs ont un bon abri contre tous les vents, excepté contre ceux du Sud-Est* ».

D'ailleurs, ni Procida ni Ischia ne sont « près du port des Kyklopes ». Le lac Fusaro n'était sûrement pas le port de notre vieille llypérie. 11 est possible que la Kume hellénique ait eu, dans ce bassin comme dans les autres mouillages autour du cap Misène, ses arsenaux et ses cales de radoub. Mais la Haute Ville des premiers navigateurs n'avait aucun besoin de ces mouillages clos. Pour ses bateaux, qu'elle tirait à sec, elle n'avait pas besoin d'un port, d'un liment à proprement parler : comme la Pylos néléenne, elle se contentait de la plage au pied de son rocher. Cette grève unie s'enfonce doucement sous le flot. La Kume primitive y halait ses bateaux et les gardait au sec. Il faut chercher ailleurs le port et la petite île des Kyklopes.

Nous avons fait le tour de l'acropole. De toutes parts, vers le continent comme vers la mer, la butte de Kume tombe presque à pic. Pour les marins, llypérie n'est accessible que par l'échelle de pierre, l'escalier artificiel que nous avons monté tout à l'heure. Aux terriens, le faubourg ofl're un abord moins escarpé. Mais au Nord et à l'Est, la butte tombe encore dans une plainette profonde qui l'encercle et lui sert de fossé ; des maquis, des vignes enlacées

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