‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 102 sur 343 · Pholog^raphie de M— V. Bérard · texte numérisé non relu

Pholog^raphie de M— V. Bérard

ô. Cf. Dion. HaL, VII, 3 et suiv.

(le son fossé, semble continuer la lagune de Licola jusqu'au lac de Fusaro, -oo Tf^s îî6).£(i>; ywp'lov, aOXwv ttsvo; opsTi xal )iuvai; 7:£pixAeî,6|jLsvo;. Avec l'aide du loiuierre et dés dieux, les Kuméens mirent en fuite cette multitude de Barbares*. Mais un siècle plus tard, les Samnites, s'étant emparés de la Campanie, battirent en ce môme endroit Tarmée des Kuméens et forcèrent les remparts de la ville qu'ils pillèrent (4'21). Tous ceux des habitants qui ne purent s'enfuir à Naples furent vendus comme esclaves. Les Barbares prirent les Kuméennes pour femmes. Désormais, tout en gardant quelques souvenirs de son hellénisme, Kume ne fut plus qu'un bourg campanien, parlant encore grec, mais vivant à la mode des Osques*.

Avant l'arrivée des Hellènes, la Kume des premiers navigateurs, l'IIypérie des Phéaciens, dut, si nous en croyons le poème odysséen, traverser une pareille aventure : « Dans cette Hypérie aux Vastes Campagnes, habitaient les Phéaciens au voisinage des Kyklopes, hommes arrogants, qui les tracassaient, étant matériellement les plus forts. Nausithoos transplanta les Phéaciens à Schéiie. » Entre les Gens des Yeux Ronds, qui tracassent ainsi la ville phéacienne, et les Opiques, qui tracasseront plus tard la ville grecque, je ne vois pas grande différence. Du haut de leurs collines, les Barbares du continent touinent toujours leurs regards envieux vers cette ville étrangère dont ils fréijuentent le marché, dont ils connaissent les richesses. Ils y viennent vendre leur laitage, leurs peaux, leurs moutons. Chaque matin, on y voit arriver leurs bûcherons ou leurs charbonniers, qui fournissent aux ménagères la provision quotidienne. La porte du rempart leur est ouverte. Mais, prudemment, on les surveille, on les fouille k l'occasion, on leur enlève leurs armes et l'on se garde bien d'en admettre un trop grand nombre à la fois.

Denys d'IIalicarnasse nous raconte la prise de Kume par les exilés que le tyran Aristodème avait chassés de la ville. Ces exilés ont rassemblé une bande de Barbares, esclaves et mercenaires, qu'ils ont cachée autour de l'Averne, sur le plateau phlégréen. Par une ruse, ils attirent l'arrnée kuméenne d'Aristodème hors de la ville, dans les marais et les bois de la plaine campanieime. Dès que les guetteurs ont signalé ce départ, soixante conjurés accourejit de l'Averne, vêtus de peaux comme des bergers; chacun porte un fagot de sarments, dans lequel est cachée son épée, o'/^Oéoa^ eyovTa; xal cpaxiAÀoj; c^pj^'àvwv xo[jLiîJo^/Ta^. Au crépuscule du soir, nos gens entient en ville pai* des portes différentes. Ils n'excitent aucun soupçon : ils ont l'air des manœuvres (|ue l'on re(;oit tous les jouis, (oq yspvf.Tai. La nuit venue, ils tirent leurs armes des fagots et s'emparent de la poite qui regarde l'Averne. Toute la bande des exilés pénètre alors. C'est par cette ruse des fagots (jue les conjurés et leurs Barbares deviennent maîtres de Kume'*. Les Kyklopes odysséens sont de pareils

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