Eustath., 1408, 57; cf. Ebcliiij;, Lexic. Hom., s. v
Inslnictions nautiques, esl le dernier contrefort des montagnes rùtières. Il forme i'exlrémilé de la grande baie de Messara ou de Dibaki. C/est un cap escarp<\ parfaitement dessiné et recoimaissable à une falaise élevée en forme de coin, le cap formant Tangle aigu du coin. » La baie de Messara est la façade occidentale de la Gortynie. Entre deux cbaînes de montagnes parallèles, qui se dressent au Sud et au Nord, la Gortynie n'est en effet cprune longue plaine ou plutôt la longue vallée d'un petit fleuve que les Anciens nommaient Lethaios. Au milieu de la plaine, (Jortyne est la abaute ville », avec deux ports, l'un sur la mer du Sud derrière les montagnes cotières, Tautre sur la mer de TOuest, dans la baie de Messara. Notre cap protège ce dernier i)ort qui se nommait Phaistos. A toutes les époques, ce cap fut célèbre parmi les marins : la cote méridionale de la Crète n'offre pas d'autre refuge. Les Instructions nautiques ajoutent : « La mer. soulevée par la brise du large im par les vents d'Ouest, rend les communications avec la terre souvent difficiles dans ces baies ouvertes. En outre, les rafales qui tombent du mont Ida par les coups de vent de Nord, très fréquents de juin k octobre, soufflent dans la baie avec une grande violence. Leur approche ou leur persistance est toujours annoncée par une panne ou bande de nuages blancs qui enveloppent le mont Ida et les pics environnants. Pendant l'hiver, ces coups de vent du Nord sont plus violents et par conséquent les raftdes beaucoup plus dangeieuses' ».
Le poète odysséen connaît fort bien ces coups de vent. Ménélas, chassé du Nord par ces rafales, ne peut contourner le Malée. Des vagues, hautes comme des montagnes, jettent sa flotte vers la Crète. Cinq de ses vaisseaux sont entraînés jusqu'eji Egypte. Les autres viennent se fracasser contre les falaises de notre cap; les équipages échappent à la mort, mais les vaisseaux sont brisés :
at [jLsv àp' ev6' t,aOov, ^nzouor^ o rjXuÇav oXeftpov àvops;, aTap vrjà^ ys ttotI oTziAàoe^o'i.v eaÇav x'jjjLaTa*.
Le Cap se nomme aujourd'hui Littino; c'est la transcription italienne du mol grec \l7fTr^ [la Pierre] Chauve, Le poème odysséen nous donne le nom propre de ce promontoii'c, mais en le commentant par une autre épithète Ai(T(r/i [aiTsvi Tc zU a^^a] nsTpr,. Pour la Petite Ile des Kyklopes, le nom homérique Ntî^o; Aày£î.a est une pareille transcription développée. Car cette île, à travers les siècles, a conservé jusqu'à nos jours son appellation. C'est encore aujourd'hui la Petite-Ile. Mais un seul mot suffit à la désigner. Les Italiens la nomment Nisida ou Nisita, Les Grecs la nommaient Nèsis, Nr^o-iç, diminutif de Ntjto;. « Tîlot ». Cette île de Nisida correspond de tous points à la description odysséenne : elle nous en oflre jusqu'aux moindres détails. Il suffit de transporter cette description sur les cartes marines, dont je donne ici un extrait.