Strab., V
2. G. G. M., I, p. 129-156; Diod. Sic, III, 19; Strab., XVI, 773. 5. Strab., V, 233.
venus de Rome, aux Empereurs même. Sur cette côte de falaises, éventées par les brises de mer, oC axpta; rjVe|jLoéo-a-a<;, la malaria n'était pas à redouter comme auprès des marécages et des plages boueuses, qui vont d'Ostie jusqu'à Naples et que le vent de la fièvre désole encore aujourd'hui : « Jusqu'au village de Sperlonga, disent les Instructions nautiques y la côte est basse, sablonneuse et le pays marécageux; dans l'Est de Sperlonga, elle est formée d'une succession de pointes rocheuses et accores et de plages de sables limitant à la mer des terres élevées et bien boisées dans quelques parties*. » Le nom actuel Sperlonga est la déformation du nom que les Anciens donnaient à ce mouillage, Spelunca, la Caverne^. Dans les petites îles Pontiae, qui font face à cette côte italienne, les Instructions nautiques nous disent encore : « La partie la plus pauvre de la population habite dans des excavations et des grottes; celles qui sont en dedans des îlots Madonna se nomment Grotte di Pilato^. »
Dans le golfe de Naples, les premiers navigateurs eurent ainsi leur mouillage de la Caverne. Nous avons rencontré déjà une Ville de la Caverne, mrc. Karia Megara, dont les Hellènes firent Mégare, Msyapa : auprès de Nisida, les Hellènes et les Romains connurent une Ile de la Caverne, MevapU, Megaris. Cette lie, qui depuis les Normands s'appelle le Château de l'Œuf, est couverte aujourd'hui de fortifications. LucuUus avait bâti sur ce rocher une somptueuse villa dont les piscines, aménagées dans des cavernes, lui valurent le surnom de Xerxès en Toge, Xerxes togatus : il avait perforé Mégaris comme Xerxès avait fait l'Athos*; mais avant Lucullus il est probable que cette île, comme toutes les falaises voisines, était déjà trouée de grottes.
Au-devant de leurs grottes, les Opiques de ÏOdyssée construisent des enclos d'arbres et de rochers pour enfermer leurs troupeaux. Seules, les femelles avec leurs petits, les bêtes délicates, sont admises à l'intérieur de la caverne. Les mâles passent la nuit en plein air, dans l'enclos. Chaque matin, les femelles et les mâles s'en vont au pâturage. Mais les petits restent au frais ou au chaud, suivant la saison, et au sec, dans la caverne. Quand Ulysse pénètre chez Polyphème, il ne trouve pas le propriétaire chez lui; Polyphème est aux champs avec son troupeau :
O'Jôé [xtv evoov eîJpOjJLSV, àÀX' èvojxsue vo[jlov xàia Ttîova [JLfjXa.
Mais la caverne est pleine de chevreaux et d'agneaux enfermés dans des
i. Itistruct. naul.j n® 731, p. 75.
2. Tacit., Annal.j IV, 59 : Cacsar (Tibère) vcscebatur in villa, cui vocabulum Speluncac, mare Amuclanum inter Fundanosque montes, nativo in specu, cujus os, lapsis repente saxis, obmit quosdam ministros. Cf. Sueton., Tiber,, 39.