Instruct. naut., n« 731, p
4. Plut., Amc, 39; Plin., IX, 160 : Lucullus oxciso jam monte majore impendio quam villam exaedificaverat, curipum et maria admisit, qua de causa Magnus Pompeius Xerxen togatum cum appellabat. Cf. Cluver., ItaL, p. 1151, et J. Beloch, Campanien, p. 81 et suiv. Varro, de Re Hust., III, 17, 9 : postquani perfodisset montem ac maritima flumina inimisisset in piscinas, quae reciprocae fluerent, ipse Neptuno non cederet de piscatu.
parcs. Chaque soir, le troupeau rentre avec le berger. On pousse les bétes à traire dans l'intérieur de la caverne :
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Mais on laisse dehors, dans Tenclos, les mâles :
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Au flanc de l'Etna, les voyageurs connaissent encore une grotte toute pareille : « Après avoir traversé la forêt, qui forme autour de la montagne une ceinture d'un vert éclatant, on arrive à la Grotte des Chèvres, où ces animaux viennent se réfugier dans les mauvais temps. C'est une caverne formée dans une lave antique. Elle offre aide aux voyageurs. Us allument du feu à l'entrée. Avertis par l'éclat des flammes ou par les ondoiements de la fumée, les bergers, qui rôdent nuit et jour dans la forêt pendant la belle saison, viennent les voir et leur apporter du laitage. Ces hommes n'ont point la férocité qui leur a été attribuée par quelques voyageurs. Comme les habitants de toutes les hautes montagnes, ils se sont conservés plus près de la nature : leurs mœurs sont agrestes, grossières si Ton veut, mais il y a parmi eux de la simplicité, de la franchise, de la cordialité*. »
Nos vers odysséens contiennent donc une description de la vie pastorale, telle qu'elle se poursuit encore aujourd'hui dans les montagnes du Pinde ou de la Crète et dans nombre de contrées méditerranéennes. Aujourd'hui encore, sur les flancs de l'Ida ou du Dikté, on peut voir des stations de bergers tout à fait semblables à la demeure du Kyklope : au-devant d'une grotte plus ou moins profonde qui lui sert de refuge et d'abri, de cachette pour ses provisions ou ses fromages et d'étable pour ses nouveau-nés, le berger enclôt un espace plus ou moins grand avec des roches entassées, où le troupeau, durant la nuit, n'a rien à craindre des voleurs ni des fauves. Cet enclos est appelé par les Grecs modernes une mandra, [xàvSpa. Il est souvent question de ces mandrais dans les chants populaires. On en rencontre à chaque pas dans les montagnes grecques. Sur les versants du Pinde occidental, qui ne sont pas entièrement déboisés, le berger choisit d'ordinaire, pour établir sa mandra, un bouquet de grands arbres : les hautes frondaisons servent de toit; les gros troncs servent de piliers et comme de colonnes d'appui ; d'un tronc à l'autre, les pierres et les mottes entassées forment une muraille circulaire; le troupeau est bien abrité contre la chaleur des jours et contre la fraîcheur des nuits. C'est exactement ainsi qu'est disposée la mandra, Tenclos, l'aùXTj, de Polyphème.
Pour dépeindre cette vie pastorale des Opiques, il est possible que le poète
4. Spallanzani, Voyage dans les Deux-Siciles, trad. Toscan, I, p. 216.
grec ait emprunté quelques traits au spectacle quotidien de la vie hellénique. Il est possible qu'il ait inséré, dans le périple original, une page de bucolique tout achéenne. Mais il est possible aussi que le périple original ail déjà contenu cette description. Dans les périples ou copies de périples que nous possédons, on trouverait facilement des textes tout pareils : « En Sardaignc, les loléens ne voulurent jamais se soumettre aux lois des marins étrangers. Ils se réfugièrent sur le haut des monts, se creusèrent des habitations souterraines et vécurent de Télevage de leurs nombreux troupeaux. Ces troupeaux leur fournissaient en abondance une nourriture dont ils se contentaient, lait, fromage et viandes : xaTacjuyovre; el; tt,v opeivTiv xal xaTayetouç olxrjO-etç xaTsroxeuàffavTe; expeçov 7:o)iAi^ àyéXaç poo-XTjjJiàTwv, Jiv Tcap£yo|JLéviov oa^j^iXei^; Tpoçà; YlpxoûvTO 7upo^^£po[xevoi yà/va xal Tupov xal xpia. Renonçant aux champs de la plaine, les loléens se libérèrent ainsi de toutes les charges du travail agricole, xal TTiç [xàv i:e6iàoo; yri^ èxywpTjO'avTeç tTjV èx rfi; cpyao'ia^ xaxoTuàOetav e^éxXivav. Dans leur montagne, ils menaient une vie d'oisiveté, grâce aux revenus de leurs troupeaux. Les Carthaginois envoyèrent souvent conlie eux de puissantes armées. Mais la difficulté des chemins et les tours et détours de leurs cachettes souterraines les sauvèrent toujours de l'esclavage.... lolaos, le fondateur de ce peuple, et les Thespiades qui l'avaient mis à la tôte de l'île, en restèrent longtemps les maîtres. Mais, après de nombreuses générations, ils en furent chassés et se réfugièrent en Italie où ils s'établirent dans les environs de Kume*. » Diodore copie quelque vieux périple. J'inclinerais à penser que le poète homérique eut devant les yeux une pareille description. Car il faut bien prendre garde à un détail de notre texte odysséen. « Dans la grotte, nous trouvons des vases pleins de petit-lait, gauloi, et des jattes servant à traire »,
. . . valov 3' op(}) àv-^'sa TràvTa, ya'jXo'l Te Txaçtos; te, TSTuyulva, toI; èvà[jLeXy£v.
Ce mot de gaulois yauAot, est un hz%\ elp'/ijjLsvov : on ne le trouve nulle part ailleurs dans les poèmes homériques*. Nous avons déjà vu que c'est un terme sémitique : Vi^i, g-ou-U désigne chez les Hébreux une sorte de cruche; chez les Phéniciens, il devait désigner en outre une sorte de navire (cf. vaisseau, vaisselle, vase); c'est ce mot que Skylax emploie dans la phrase citée plus haut : « Les Phéniciens viennent décharger à Kernè leurs cargo-boats, toù; [xèv yaùXoy^ xa8op|jLi!JouTiv. » Voilà peut-être un mot que le poète grec ne fit que transcrire de son périple original. Il est donc possible que ce périple décrivît déjà la vie des indigènes, leurs occupations pastorales et les instruments, les gaules, dont ils se servaient.
A l'époque odysséenne, les Opiques mènent la vie que menaient encore au siècle dernier les Valaques du Pinde. Descendant chaque automne avec leurs