‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 127 sur 343 · Diod. Sic, y · texte numérisé non relu

Diod. Sic, y

2. Les lexicographes établissent à tort une différence entre yaOXo;, le vaisseau, et vauXoç, le vase.

LES KYRLOPES. 175

troupeaux, les Valaques venaient hiverner sur les rivages de la péninsule grecque, de Durazzo et de Salonique jusqu'au Matapan. Remontant chaque printemps vers les vallées et les hauts pâturages de l'intérieur, ils passaient l'été dans leurs inaccessibles retraites. Ils ne cultivaient ni ne plantaient. Ils vivaient presque uniquement de leurs troupeaux. Dans tout le domaine des Grecs modernes, « Valaque ». pXà-^o;, est ainsi devenu le mot usuel pour dire berger. Cette libre vie pastorale ne s'est jamais accommodée des contraintes, des justices, des habitudes ni des lois de nos sociétés sédentaires. Le Yalaque toujours armé a toujours été un fauteur de sédition, un contempteur de propriété. Benjamin de Tudèle le connaît déjà ainsi : « Là commence la Valachie, dont les habitants dejneurent dans les montagnes. Les Valaques, qui égalent les cerfs à la course, descendent de leurs montagnes pour enlever aux Grecs quelque butin. On n'a pas pu jusqu'ici s'en rendre maîtres à cause de la difficulté des lieux inaccessibles où ils se retirent et dont eux seuls connaissent les secrets. Ils ne sont ni chrétiens ni juifs, quoiqu'il y en ait beaucoup d'entre eux qui prennent les mômes noms que ces derniers et qui se vantent d'avoir été autrefois Juifs qu'ils appellent leurs frères. Que si par occasion ils les rencontrent, ils se contentent de leurs dépouilles sans les tuer comme ils font des Grecs*. »

Aux temps odysséens, les montagnards de Campanie, les bergers opiques, n en usent pas autrement. Ils n'ont pas de religion, eux non plus; ils se moquent de Dieu et de toutes les personnes divines :

O'J yàp KuxXwTie^ Aïo^ atyvoyo'j àXévouaiv O'Jûè Oewv [jLaxàpwv.

Les navigateurs du temps se plaignent de leurs violences, de leur manque de justice :

... Oêpiorai tê xal àyptoi oySe oixaioi.

Durant la période historique, les mômes plaintes continuent. Les Peuples de la mer ayant fondé Kume chez les Opiques, K'j|jl7j èv '07îi,xoï<;, nous avons vu que l'histoire de cette ville n'est qu'un interminable martyre : Denys d'Halycar nasse nous a raconté les luttes des Kuméens contre ces Barbares féroces, twv àypioTa- Ttov Bapêàpwv, sans rivaux dans les jeux de la guerre, tol iroXejjLia [jiaxpw twv aAAwv ijjLsivouç*. La paix n'est jamais établie avec de pareilles brutes. L'injustice règne en ces parages jusqu'au jour où la force grecque se flatte, en pays opique, d'inaugurer le « règne de la justice », en fondant, sur le site de l'actuelle Pouzzoles, la ville de la Justice Souveraine, Aixaiàp-y^eta, Dicéarchie, quod ea civiias justissime regebatur^. L'hoplite grec était de taille à imposer ses justes lois. Mais, par notre étude de la Phéacie, nous avons vu combien le négociant sémi-

i. Benjamin de Tudele, éd. Bergeron, p. iO.

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