Inslruct. naut., n" 731, p. 16G-1G
aWk ùoLTzéc/r^ç ^àpiv si; çOvavOpwTi'lav twv Bapêàpwv*. Ulysse avec Polyphèmc en use tout pareillement :
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TipTépTi.
Si le Kyklope est un sauvage qui ne connaît ni lois ni justice,
àyptov, oiJTfi o'ixaç z\j elooTa ouTe Hilitzcl^,
les Barbares des périples classiques n'ont semblablement aucune notion du bien ni du mal, aloy^ptov oè xal xaXwv o\jùi tTjV sXa'^rtorr.v sio-tpspofjisvoi evvoiav*.
Il semble donc qu'en toute cette histoire des Kyklopes, la part de l'imagination soit minime. Le poète grec n'a presque rien inventé. Ici encore, il n'a fait que mettre en œuvre des renseignements exacts et précis. En feuilletant les périples des Anciens ou nos Instructions nautiques^ il semble que nous pourrions reconstituer sans peine le texte original, où le poète alla puiser tous ces renseignements sur la disposition des lieux, sur la forme et les commodités des rivages, sur la nature du pays et les mœurs des indigènes. A.-L. Castellan, qui voyageait en Grèce en 1797, nous décrit ainsi les habitations et les mœurs des bergers moraïtes, sur la côte laconienne de l'Archipel :
Nous avons visité plusieurs grottes qui se trouvent dans les montagnes escarpées dont la côte est bordée. Elles servent d'habitation à des bergers et à leurs troupeaux qui y passent la nuit et qu'ils mènent aux pâturages des montagnes supérieures. Ces bergers ont conservé le costume antique; la douceur du climat leur permet d'aller presque nus; une simple chemisette de coton, qui leur tombe seulement jusqu'audessus du genou, assujettie par une ceinture grossière ou une courroie, forme tout leur habillement. Les habitants des montagnes plus élevées portent des peaux de leurs agneaux, taillées de la môme manière. Dans l'été, ils mettent le poil en dehors et, dans l'hiver, ils le tournent vers la peau.
Les grottes où ils se retirent ne sont fermées que par des amas de pierres ou simplement des haies de ronces sèches, qui suffisent pour empêcher les troupeaux de s'échapper pendant la nuit. L'une de ces grottes se trouve au fond de la rade. L'ouverture, à mi-côte des rochers, est peu apparente. Elle est habitée par plusieurs familles de pasleurs. Ils en étaient sortis lorsque nous y avons pénétré. Il était pourtant resté à l'entrée une foule déjeunes agneaux, gardés par un chien.... Des vases de terre pour préparer leurs aliments étaient auprès du foyer, ainsi que des vases de bois propres à recueillir le lait de leurs troupeaux, et des paniers pour leurs fromages. Nous n'avons rien dérangé et nous nous sommes retirés après avoir contenté notre curiosité, leur laissant quelques petites monnaies turques pour les engager à la confiance; ce qui nous a