Thévenot, II, chap. 62 cl
quels sur eux. Mais nous ne voulions point aller en terre, où nous aurions été dépouillés par ces Arabes, qui mirent notre Rais tout nud (il sVstoit enfui du bord sur le canot), aussitost qu'il eust mis le pied à terre*.
Dans ÏOdysséCy les gens de Tintérieur viennent de môme porter secours à leurs voisins. Les Kikones de la plage ont fait des signaux de cris. Les Kikones a continentaux », épirotesy accourent. Ces épirotes sont beaucoup plus nombreux et bien plus braves, ir/ioveç xal àoeiows, que les misérables populations de la côte. Au début du xix^ siècle, Cousinéry nous décrit encore sur cette rive thracc la férocité des montagnards, des épirotes qui fréquentent le marché maritime detiumurdzina :
Je n'avais jamais rencontré dans aucune des provinces ottomanes des hommes généralement si grands, si forts, d'un regard si farouche, d'une contenance si fière et d'un équipement guerrier plus menaçant. Un long fusil, une paire de pistolets, un grand couteau auquel les Turcs donnent le nom de yatagan et dont ils emploient [ïlulôt U» tranchant que la pointe, une giberne remplie de cartouches et de balles, et enfin une grande poire à poudre, qui en contient près de deux livres, composent le costume de ces honmies indépendants; aucun d'eux n'oserait paraître désarmé dans la plaine. Personne n'ose pénétrer [dans leurs montagnes], excepté les malheureux Tchinganis (bohémiens) qui leur sont utiles pour la fabrication et le raccommodage des instruments de fer ; le gouvernement turc n'a que très peu d'influence sur l'administration intérieure du pays ; les chefs n'en ont eux-mêmes que ce qu'il faut pour conserver quelque autorité*.
Disséminées (la « course » éloigne de la mer les bourgs et les villes; il ne reste à la plage que des huttes de pêcheurs ou des fermes isolées), toujoui^ prêtes à se rendre sans combattre (la « couine » est pour elles un mal inévitable, un orage humain auquel, d'avance, on se résigne ainsi qu'aux autres orages de la mer), les populations côtières se laissent piller, égorger ou emmener comme un troupeau. A travers les siècles, tous les voyageurs et les corsaires eux-mêmes signalent cette moutonnerie des côtiers et des insulaires, dont la lâcheté enhardit le pirate. Au printemps de 1825, Brôndsted est dans Tîle de Zéa; il a terminé ses fouilles et pense à revenir sur le continent :
Les tempêtes avaient cessé vers la fin de février et les vents du Nord-Ouest commençaient à ramener le beau temps, que dtVjà plusieurs bâtiments de pirates apparurent au cap Colonne et sous Macronisi. Les forbans firent une descente dans cette île déserte, qui n'est plus qu'un pâturage appartenant aux Zéotes. Ils abattirent une quantité de brebis et de chèvres et maltraitèrent les bergers. Une capture plus riche suivit. Un bateau zéote, chargé d'huile, venant d'Égine et se rendant à Andros, fut pris par un de ces forbans, qui le conduisit à Zéa même, où il s'arrêta à la petite baie du Nord ou auprès de l'ilol, un peu plus vers l'Est. De hi, il entama des négociations pour la rançon et demanda mille piastres pour rendre la prise. Comme la cargaison en valait