‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 135 sur 343 · I. Inatruct. naui,, n* 731, p · texte numérisé non relu

I. Inatruct. naui,, n* 731, p

"1. Spallanzani, Voyage, etc.. Il, p. 75-77.

r>. Spallanzani, Voyage, etc., 11, {i. '25r>-'23i.

diiïère un peu suivant les époques et suivant les littératures. Mais, dans la bouche du poète homérique, la comparaison n'a rien de plus merveilleux que dans la bouche de nos marins ou du savant Spallanzani. Cette côte de bronze existe réellement dans File Aioliè, comme la côte de fer dans Tîle de Sardaigne. Autre merveille : Aioliè est flottante.

[Près du mont dolla Castagna], Campo Bianco est une montagne qui s'élève presque perpendiculairement au bord de la mer. Elle est dénuée de plantes, à rexceplion de quelques-uns de ces végétaux stériles qui s'attachent aux rochers les plus arides. Elle n'est formée que de pierres ponces toutes blanches. I)e loin on la dirait couverte de neige depuis son sommet jusqu'à sa base, immense carrière d'où l'on tire toules U»s ponces employées en Europe à divers usages. Là, se rendent les vaisseaux français, italiens et autres destinés au traûc de cette production volcanique. La pierre ponce, quoique universellement regardée comme un produit du feu, est un des corps dont l'origine a le plus excité de contestations parmi les chimistes et les naturalistes. La plage de Campo Bianco m'oITrit d'abord quantité de ces pierres qui surnagent sur l'eau ^

Nombre de volcans rejettent la ponce. C'est sous une pluie de ponces que Pompéi fut ensevelie. Stromboli a eu de ces éruptions:

Je viens au quatrième genre de productions volcaniques de Stromboli : les pierres ponces. On les trouve à un tiers environ de l'élévation de l'île dans la partie de l'Est, sur le bord des sentiers qui traversent les vignes et dans les excavations formées par la chute des eaux. Elles sont, non pas en masses, mais dispersées en petits morceaux peu abondants. On reconnaît aisément qu'elles ont été déterrées par la main de»s hommes ou par l'eflet des pluies, et, si l'on suit leurs traces dans le sable à plusieurs pieds de profondeur, on les y découvre clair-semées et dans leur état primitif. Stromboli a donc vomi autrefois des ponces et n'en vomit plus aujourd'hui. Le Vésuve donne l'exemple, mais plus en grand, de pareilles alternatives'.

Ces éruptions de ponces ont pour la navigation des effets surprenants. Les marins qui n'y seraient pas habitués crieraient vite au miracle :

Ce qui est arrivé dans ce port n'est pas moins étonnant, raconte Thévenot au sujet de Santorin. Je le rapporterai ici comme je l'ai appris de diverses personnes en plusieurs endroits. 11 y a environ dix-huit ans que, dans la nuit d'un certain dimanche, commença dans le port de Santorin un très grand bruit, lequel s'entendit jusqu'à Gliio, qui en est éloignée de plus de deux cents milles, mais de telle sorte qu'on crut à Cliio que c'estoit l'armée vénitienne qui combattoit contre celle des Turcs.... Ce fut un feu qui se prit dans la terre du fond du port de Santorin et y fit un tel elTet que, depuis le malin jusqu'au soir, il sortit du fond de la mer quantité de pierres de ponce, qui montoient en haut avec tant de roideur et tant de bruit, qu'on eust dit que ce fussent autant de coups de canon. Cela infecta tellement l'air que dans ladite île de Santorin il mourut quantité de personnes. Cette infection se répandit aussi loin que le bruit qui

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