SpaUanzani, loya^f, etc., Il, p
4. Cf. les textes réunis par Cluver., SiciL .Im/., p. 400 et siiiv.
L'JLE AIOLIÈ. 197
presque désert*, ce fut Lipari qui eut la capitale et le grand port, et nous voyons bien les raisons topologiques, qui firent de Lipari la capitale nécessaire pour ces premiers colons.
Lipari est de beaucoup la plus grande de ces îles, la mieux cultivable, la plus fertile. En réalité, c'est la seule capable de nourrir une nombreuse population. Les autres îles de Tarchipel ne sont que des pitons ou des chaos volcaniques. Lipari, seule, a des plaines : « Deux grandes plaines, mais de dimensions différentes, sont bien cultivées et produisent de bons fruits, du coton, des olives, des légumes et la quantité de blé nécessaire aux habitants pour trois mois; le vin de Malvoisie de ces plaines est renommé*. » En outre, la position centrale de Lipari, au milieu de l'archipel, en fait pour les insulaires le lieu tout indiqué de réunions politiques, religieuses ou commerciales. Elle est proche de la cote sicilienne, d'où les insulaires doivent tirer le blé et les viandes que leur archipel ne leur fournit pas en assez grande quantité, et où, par contre, ils vont vendre leur vin, leurs fruits et les autres produits de leurs vergers. La sûreté relative de son port en eau profonde fait de Lipari le grand entrepôt du commerce local.
Le caractère des insulaires de Stromboli est celui de lous les hommes qui vivent loin des grandes villes et dans risolement. Leur cœur n'est point corrompu et, dans leur simplicité, ils ne cherchent point à étendre le petit nombre de connaissances qu'ils ont acquises et qui sufûsent ù leur bonheur. Leur plus grand voyage est à Lipari : celle ville, toute petite qu'elle est, leur paraît très grande et fait le sujet de leur admiration.... Leur plus grand profit est dans la vente de leur malvoisie qu'ils portent dans cette île capitale, où ils trouvent aisément à s'en défaire'.
Enfin Lipari peut avoir des relations de commerce beaucoup plus étendues, avec d'autres nations, mêmes lointaines, grâce aux produits de ses volcans, à sa ponce, à sa lave, à ses eaux chaudes, etc. Les Romains construisirent à Lipari une ville de bains et une ville industrielle. Diodore nous décrit les splendeurs de cette ville, qui était le Luchon ou TAix-les-Bains de son temps :
Je dois dire un mot des raisons qui ont amené le développement et fait non seulement la forlune, mais aussi la renonnnée de la ville de Lipari. La nature lui avait donné de bons ports et des eaux chaudes. Elle devint un lieu de cures par ses bains, mais aussi une ville de plaisir et de repos très fréquentée. Les malades accourent en foule de la côte sicilienne ; les bains leur rendent une merveilleuse santé. Mais l'île possède en outre des mines célèbres d'alun qui font la richesse des insulaires et des Uoniains : cette denrée, si utile, n'est produite que par Lipari et un peu par Mélos, qui ne peut suffire qu'à une faible clientèle. En réalité, Lipari jouit d'un monopole et fait les prix, d'où les incroyables bénéfices qu'en tirent les exploitants. L'île, sans être très grande, est suffisamment fertile et particulièrement agréable à habiter. La mer fournit des poissons en abondance..., etc.*.