Spallanzaiii, Voyage, etc., IV, p. 62-Gi
Ces rois d'AioIiè ont alors toutes les « galanteries », oveiaxa [x-jp-la, que les voyageurs plus récents signalent à Lipari.
17 avril 1901 *. — Sur le petit vapeur, qui part de Messine, j'ai fait le tour des Iles. Messine n'est pas le vrai port des lies : c'est à Milazzo que chaque jour arrivent les vapeurs de Lipari. Mais, chaque quinzaine, de Messine à Lipari, de Lipari à Salina, de Salina à Panaria, puis à Stromboli et à Lipari de nouveau, la Corsîca, d'escale en escale, dessert les quatre lies orientales. Partis de Messine durant la nuit, nous apercevons, dès la sortie du Phare, les lueurs tremblotantes et les éclairs intermittents de Stromboli. Le volcan est pourtant en période d'accalmie et, le vent du Nord soufllant, notre capitaine nous déclare que le volcan restera tranquille. Notre capitaine est toujours persuadé que les grondements et les silences, les fumées et les lueurs de Stromboli sont le meilleur des baromètres pour la connaissance des temps.
A l'aurore, nous sommes à la côte de Lipari. A notre droite, sur la mer retroussée par le grand vent du Nord, le cône de Stromboli se détache, net et régulier. Tout le jour, notre navigation semblera tourner ses lacets dans le champ de cet observatoire. Le port et la capitale de Lipari s'éclairent à peine des premiers rayons de l'aube. Cette lumière encore trop lâche fait mal saillir les creux et les avancées de la côte inhospitalière. Quelles étranges montagnes aux couleurs éclatantes, lie de vin, vert de gris, poudrées de verdure ou de blanche ponce ! et quelles murailles métalliques, infrangibles, autour de ces îles aux formes géométriques, aux dômes ou aux cônes réguliers! On parle toujours des sept îles Lipari : en réalité, sans compter les rochers et simples écueils, c'est dix ou onze îles et îlots qui parsèment l'horizon, dont huit grandes îles au moins. Stromboli, Basiluzzo, Panaria, Salina, Lipari, Yulcano, Alicuri, Filicuri, etc., toutes ces îles, nettement distinctes, sont vraiment des terres indépendantes et pourtant similaires, aux yeux du navigateur. Notre capitaine me parle des « dix iles » ; car les marins d'aujourd'hui estiment à une « dizaine » le nombre de ces terres éoliennes : la « semaine » des Sept lies est sûrement un chifTre rituel*.
Après une courte escale au port de Lipari, nous reprenons notre périple vers Salina, dont nous faisons le tour complet. L'île de Salina mérite son nom ancien, les Jumeaux. C'est un double dôme, qui, tout poudré de vert et de ponce, étonne le regard par ses cassures lie de vin et par ses murailles luisantes de roches vitrifiées. Entre les deux dômes, se creuse une vallée riante