LE PANORAMA
cendent lentement jusqu'à la plage de sables noirs. Notre vapeur reste au large ; des barques viennent h bord prendre marchandises et passagers.
La plage de débarquement est spacieuse. Sur deux ou trois cents mètres, entre les pentes du volcan et la pointe rocheuse délia Scaro, s'étend une grève de cailloutis et de petits cristaux noirs. Six grosses felouques y sont tirées à ^ec au moyen de rouleaux, qui servent à cet usage sur toutes les grèves de ces îles volcaniques, car les sables aigus endommageraient la coque des navires. Le bourg de San Vincenzo ne descend pas encore jusqu'à la mer. Aux siècles derniers, dans toutes ces îles, la piraterie barbaresque avait forcé les villages à quitter le bord de Teau, pour s'enfuir aux pentes ou même au sommet des montagnes. Depuis la disparition des corsaires, dans toutes les îles, les villages redescendent lentement vers les échelles. L'une après l'autre, les maisons neuves se risquent un peu plus près de la grève.
C'est ainsi que toute la façade nord-orientale de Stromboli se couvre de cases blanches, qui, par groupes de trois ou quatre, mais le plus souvent isolées, viennent planter leurs murailles basses et leurs terrasses au milieu des figuiers et des vignes. Peu à peu, entre les deux hameaux de S. Vincenzo et de S. Bartholo, toute la côte se repeuple. Les anciennes cases, perchées sur les pentes de la montagne, ne serviront bientôt plus qu'aux pauvres gens et aux troupeaux, ou de magasins pour l'huile et la vendange. Aux temps odysséens, la piraterie florissante avait chassé les maisons du bourg loin de la plage : Ulysse doit monter vers la « haute maison » d'Aiolos. Les gens de mer du siècle dernier
L'ILE AIOLIK.