‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 149 sur 343 · Insti'ucl. naïU., n* 778, p. 48-i · texte numérisé non relu

Insti'ucl. naïU., n* 778, p. 48-i

"1. Cf. Paulv-Wissowa. s«. v. Arlahiè.

spacieux et tranquille par tous les temps, excepté par les vents de S.-O. Mais ces coups de vent de S.-O., sauf l'hiver, sont généralement rares et s'annoncent longtemps à l'avance par une baisse du baromètre et une apparence menaçante du temps dans le Sud. En mouillant dans le S.-E. de Mourad Baïr, on communique facilement avec la ville d'Artaki*. » Voilà, je pense, une excellente station pour les premiers thalassocrates. Et voici, sur l'autre façade de l'ile, l'établissesement des colons helléniques : « Kyzikos est, dans la Propontide, unie au continent par deux ponts : la ville est au bout des ponts, dans la plaine insulaire, contre la montagne. La montagne est le Mont des Ours, "ApxTwv "Opo;, au-<lessus duquel se dresse le mont Dindyme avec un temple de la déesse Dindyménè, fondation des Argonautes.... Dans la même île des Kyzikéniens, est le mont Artakè, couvert de forêts, avec un îlot de môme nom qui se trouve au-devant, et non loin de là on rencontre le promontoire Mélanos.... Les Milésiens fondèrent Artakè et Kyzikos*....» Est-ce à cette Source et à celte Station de rOurs qu'il faut rapporter notre aventure odysséenne?

Dans les mers occidentales, en travers des Bouches de Bonifacio, il est pour les navigateui^s récents un autre Promontoire de l'Ours, presque aussi renommé :

Dans le S.-E. de la pointe Parau, la côte présente quelques sinuosités sans iniporlanco jusqu'au cap d'Orso. Ce cap termine une montagne dénudée, haute de i50 mètres et portant le même nom, au sonnnet de laquelle sont des roches saillantes, disposées de telle sorte qu'elles représentent assez exactement la forme d'un ours, d'où le nom donné a la montagne et au cap.

Aigucule. — Dans l'angle Ouest de l'anse de Parau, près du village de ce nom, il y a unt> source où l'on peut faire de l'eau. Cette source a longtemps approvisionné l'archip(»l de la Maddalena; cependant elle tarit quelquefois =.

Cette Aiguade de l'Ours est pour les marins d'autant plus importante à connaître qu'en cette région granitique les sources sont clairsemées ou fort peu abondantes. Nos cartes marines et histruclions n'oublient jamais de signaler les moindres points de cette cote où le navigateur peut faire de l'eau. La côte, très découpée, est semée d'îles, de longues presqu'îles et de rades closes, qui bordent ou barrent un passage très fréquenté : c'est, dans les Bouches de Bonifacio, la rive sarde faisant face aux îles Caprera, S. Stefano, Maddalena et Spargi. L«s énormes fortifications et l'arsenal, que les Italiens ont construits dans ce passage, disent assez quel rôle il a toujours eu pour les communications entre la mer orientale des Italiens et la mer occidentale des Français ou des Espagnols. Ceci est vraiment l'entrée et la sortie des mers italiennes. Quels que soient les thalassocrates qui voulurent posséder ou exploiter ces mers, il leur fallut toujours en ce détroit une station de surveillance. Aujourd'hui, les Pié-

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