‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 151 sur 343 · De la Marmora, Itinéraire en Sardaigne, 11, p · texte numérisé non relu

De la Marmora, Itinéraire en Sardaigne, 11, p

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FIG. 4i. --LA LAISTRYGOMK

Pliolopi'avure d'après la carte marine n' 5675.

do révolutionner l'îlo : ils s'emparèrent par surprise de cette tour où ils substituèrent au pavillon [sarde] le drapeau français. Us furent bientôt attaqués par les troupes royales. Cette échauffourée a donné au gouvernement sarde la première idée de fonder une population sur ce point important où il est facile d'aborder en venant de Corse. Le duc de Genevois, en mars IHOo, donna l'autorisation de bâtir des maisons près de la tour de Longon-Sardo. En 1808, lorsque cette population fut en croissance, le roi Victor-Emmanuel !«' sanctionna l'érection du village auquel il imposa le nom de sa femme Marie-Thérèse d'Autriche. Ce village de Santa Teresa est percé de rues parallèles, tirées au cordeau et se croisant h angles droits*.

Aujourd'hui, si les thalassocrates anglais n'ont rien tenté pour s'établir h nouveau dans ce couloir, c'est que l'alliance italienne leur en a toujours garanti le libre usage : dans le reposoir et l'arsenal italiens de la Maddalena, les flottes anglaises se croient assurées de trouver en tout temps Tabri et l'appui nécessaires. Durant l'antiquité classique, ce détroit n'eut pas autant d'importance : un peu délaissées par les Grecs et par les Romains, la Corse et la Sardaigno restaient à l'écart. Les grandes routes commerciales du monde classique longeaient, soit au Nord, soit au Sud, les côtes provençales ou les côtes africaines. C'est au long de ces côtes que passaient alors les grands chemins de TOrient vers le Couchant, des mers levantines vers les mers occidentales. Mais on imagine facilement que, dans la Méditerranée primitive, le détroit était déjà ce qu'il est de nos joui's. Juste en face d'Hypérie aux vastes campagnes, c'était déjà la route des flottes vers les mers de la nuit, vers la mystérieuse Kalypso. C'était aussi la route qui, de l'île Ai-oliè, menait vers les grands golfes du Nord, vers les stations de Marseille ou de Monaco. Dans l'onomastique ancienne du détroit, je crois qu'il subsista durant toute l'antiquité un souvenir de cette première époque. Sur la passe, l'extrémité septentrionale de la Sardaigne garda toujours le nom de Cap de la Nuit, 'EpeSàvriov àxpov.

« 'EpeSàvTvov àxpov, Cap de la Nuit^ est ainsi nommé par opposition au jour, c'est-à-dire au midi; ce nom correspond à celui de Mezza-Notte que lui donneraient les Italiens et qui pourrait indiquer le cap septentrional de l'île. Ce cap ne peut donc pas être placé ailleurs qu'à la pointe délia Marmorata ou à celle del Falcone, qui ont la latitude la plus élevée de toute la Sardaigne*. » Ce n'est pas seulement l'opposition entre le jour de midi et l'ombre de minuit, entre le Sud et le Nord, que marque ici le cap de l'Érèbe : en quittant ces rivages, Ulysse tournera le dos au couchant et s'en ira, à travers la mer orientale, chez Kirkè ritalienne qui se trouve juste à l'Est de notre détroit, Kirkè « où sont les maisons de l'aurore avec les chœurs et les levers du Soleil »,

.... 08'. T* 'Hou^ YipiySVSlTjÇ O'-xia xal yopoi sIti xal àvToXal 'He)ioio'".

1. \)o. la Mannora, Voyage en Sardaigne, ÎI, p. 470 ot suiv. ± Id., ibid., p. AiO.

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