Duhamel du Moncoau, Traité des Pérhrx. \\\. p
accc^Iérer la course. Arrivé a la mandraguo, chacun prend sa place autour de la cliaiiibro de mort....
Tout étant ainsi préparé, le raïs donne le signal par le mot d'ordre Sarpa pour commencer à tirer la chambre de mort du fond de la mer. La chambre de mort s'élève lentement et, en montant, se rétrécit jusqu'à ce que tous les poissons se trouvent à la fin presque à la surface de l'eau. C'est alors que les hommes, embarqués sur les deux grands bateaux et armés de bâtons qui ont au bout un croc en fer, commencent sur l'ordre Ammazzai (Tue) donné par le raïs, à tuer les thons en les harponnant, puis il les tirent avec la plus grande avidité dans leurs bateaux. L'agitation de la mer, excitée par la violence des thons qui se trouvent renfermés et pressés dans un espace fort resserré, assaillis de toutes parts et blessés à mort; les combats que les ouvrieiii sont obligés de livrer à ces gros poissons pour vaincre leur résistance; la surface de la mer élevée en écume teinte de sang que les thons versent à flots de leurs bh^ sures : tout cela excite l'admiration, les acclamations et les cris de joie des spectateurs. La pèche terminée, on remorque les deux grandes barques pleines, qu'on accompagne avec des chants et des cris d'allégresse, jusqu'à la mattanza di terra, c'est-à-dire la boucherie à terre, qui se fait sur le bord de la mer dans de grandes halles couvertes. On coupe la tête au thon, puis chaque poisson, quelque énorme que soit son poids, est chargé sur les épaules d'un seul portefaix, appelé bastagio, qui le porte au tancato, grand magasin où l'on suspend les thons en ligne par la queue ^
— « Du haut des rochers, les Lestrygons se mettent h lancer des quartiers de roche énormes. Parmi les vaisseaux, s'élève un tumulte funeste d'hommes perdus et de bateaux brisés; puis, perçant mes hommes comme des poissons, les Lestrygons les emportent pour un dégoûtant festin »,
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Dans le tancato, vraie boucherie, il se donne un autre spectacle très curieux, quoiqu'un peu dégoûtant. [Mais] je m'arrête ici, car je craindrais de faire partager à mon lecteur le dégoût dont j'ai été saisi chaque fois que j'ai assisté aux opérations de la mattanza di terra, qui sont toujours plus nauséabondes à mesure que la pèche touche à sa fm. Car, par la chaleur qu'il fait en ce pays en juin et en juillet et par le sang du thon dont s'abreuve le sol, ainsi que par toutes les parties inutiles du poisson qu'on jette à la voirie, l'air finit par être infecté et l'odeur devient insupportable*.
Le thon se pèche ou se péchait sur toutes les côtes de la Sardaigne : « La pèche est très abondante et, pendant la saison d'avril à juillet, les côtes de File sont fréquentées par les thons. Les navires, qui longent les côtes pendant la période de pêche de ce poisson, doivent être attentifs à éviter les madragues : ces engins pourraient occasionner de graves avaries et mettre en péril le bâtiment lui-