Id., ibid., h R- oin
LKS LESTRYGONS. 2^ii)
inèinc*. » 11 est une saison de l'année où, récemment encore, file tout entière ne vivait que pour cette pêche du thon :
Au commencement d'avril de chaque année, toutes les côles de Sardaigne où l'on a établi des malidragues deviennent des endroits de bruits, d'affaires et d'arts, ainsi qu'un marché de négociations. De toutes parts, y arrivent des bâtiments avec des sonnnes considérables d'argent pour se pourvoir de thon salé. Les Sardes, curieux de jouir du plaisir inexprimable de la pèche, y arrivent en foule de l'intérieur du royaume et ils sont reçus avec générosité par les propriétaires de la pèche, qui donnent à tous les étrangers non seulement la table très splendidement servie, mais en outre ils font à chacun, au moment du départ, le cadeau d'un thon proportionné à la qualité de la poreonne, ne fût-ce qu'un paysan ou un domestique*.
Mais les côtes orientales de Sardaigne, sur la mer italienne, sont bien moins poissonneuses que les côtes occidentales sur la mer espagnole. En réalité, les madragues et matanzas ne fonctionnent que sur cette côte occidentale, et deux parages surtout possèdent les plus grandes : au Sud, c'est Tile Piana, dans le voisinage de l'ancienne Ile des Éperviers, E-nosiin; au Nord, c'est le golfe de Porto-Torrès, qui s'étend depuis les îles Asinara jusqu'à l'entrée des Bouches, jusqu'au voisinage de notre Puits. Le périple sémitique, qui décrivait cette côte, devait décrire aussi cette pêche. Il est probable que les madragues n'étaient point encore inventées. C'étaient les baies [et les golfes en culs-de-sac qui servaient alors de chambres de mort. Les pirogues des indigènes tâchaient d'y pousser les bandes de thons, qui devaient alors être innombrables. II semble bien que le nom même du thon, Ojvvo;, ne soit que la transcription grecque du ]n, llimiy ou m, thiin, sémitique. L'Écriture emploie ce dernier mot sous la forme r:n» thannin, pour désigner les monstres de la mer. Les thons sardes sont parfois de véritables monstres, aussi gros que des cétacés : « En Sardaigne, quand le thon pèse moins de cent livres, on ne l'appelle que du nom de scampirro, dérivé de scombery nom générique de la famille; de cent à trois cents livres, ce n'est encore qu'un demi-thon, mezzo tonno; ceux de mille livres ne sont pas rares. Le P. Cetti prétend qu'on en a pris quelquefois de dix-huit cents livres. »
Les Instruclions nautiques conseillent à nos marins de veiller aux madragues, par crainte des avaries : le périple odysséen, pour d'autres raisons, conseillait aussi d'éviter ces chambres de mort. Nous connaissons' la prudence de ces premiers navigateurs et le soin qu'ils mettent à ne point trop s'éloigner de la mer libre. Chez les peuples sauvages surtout, ils aiment à ne pas entrer dans les ports profonds. Ulysse ne suit pas le gros de sa flotte jusqu'au fond du Puits; il amarre son bateau près de l'entrée, à une pierre : aÙToto èvô>v oïoî oysGov eçw VYja [xéXaivr;