‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 16 sur 343 · OfiyMs., IX · texte numérisé non relu

OfiyMs., IX

r>. Orfyw., IX, 550-551.

café, do sucre» de Icntillos, etc., peul-élre que le mcitelot aura le bonheur d'escamoler une ou deux mesures de lentilles ou de riz, qu'il met à quartier comme un jjrand trésor. Ces pauvres malheureux n'ont la plupart du temps que du pain à manp:er et de Teau à boire, ù moins que, forcez de ramer une demi-journée de suite à la chasse de quelque vaisseau, ils n'aient alors un peu de vin trempé pour leur donner courage*.

H en est de mc^mc pour les prises. La part des «flicicrs et bas officiers est fixée par Tusa^e : « Les officiers, major et mariniers, continue Robert, ont (jnelque paît aux prises qui se font. Le lieutenant en est déclaré le maître, et la principale cabine lui appartient avec tout ce qu'il y a, excepté l'argent. Le contre-maître a les voiles de perroquet et la grande ancre. Le maître-valet, Taumonier, Técrivain, le chirurgien, le charpentier et le calfaleur ont leui* portion de la chambre aux vivres. » Mais le capitaine dispose à son gré de tout • le reste, même quand il n'assistait pas en personne à l'action :

Le capitaine, (|ui m'avoit fait son lieutenant, raconte V. Lucas*, tomba malade dans le temps que M. de Châteauneuf passoit pour aller à Constantinople. Cet andïassadeur ne fut pas plutôt arrivé au Millo qu'il eut nouvelle que quinze vaisseaux barbaresques croisoient dans ces mers. Il y avoil plusieurs corsaires dans le port de l'isle de Nio. M. de Châteauneuf depescha une felouque avec ordre aux corsaires, la plupart François, mais qui ont une bannière étrangère, de le venir joindre. Notre capitaine étant malade m'ordonna d'aller avec M. l'Ambassadeur. Il me confia même, en présenct» du capitaine Francisque qui montoit le Jérusalem, le commandement de son vaisseau pour faire une croisière aux bouches du Same (détroit de Samos).

P. Lucas s'en va et c'est alors qu'il enlève, comme nous l'avons déjà raconté, le sanibiquin de l'aga turc et la belle Maltaise :

Quand je fus retourné à Nio, le capitaine y étoit encore malade. Mais à la nouvelle de la prise que j'avois faite, il en fut plus d'à moitié guéri. 11 ne laissa pas de me faire beaucoup de compliments sur mon bonheur. Mais en répondant à ses honnêtetés : {( Vous ne voyez pas encore, lui dis-je, le plus précieux de la prise. » La pensée qu'il eut que c'éloient des pierreries de conséquence lui donnèrent une impatience et un empressement singulier. Je fis sortir aussitôt l'esclave maltoise de la chambre où je Tavois mise et la luy présentoy comme un grand trésor. Mais le capitaine la regarda avec air d'indifférence et se mit à caresser les jeunes garçons, qui étoient les favoris de l'aga prisonnier. Après avoir été quelque temps sans rien me dire : « Monsieur Paul, reprit-il, je cherchois dans la prise que vous m'avez foite ce qui seroit digne de vous en récompenser : puisque vous faites tant d'estime de cette esclave, je vous la donne ».

Voilà un ton et un cadeau que n'eût jamais acceptés le lieutenant d'Ulysse ou, plutôt, son pilote. Car en dehors du pilote et du capitaine, il ne semble pas que les corsaires homériques aient eu d'officiers. A la grecque, tous à bord sont

1. Kobort, Voy. au Levaul, Uad. franc, à la suite des Voyages de Dampier, Aiiisl4irdaiii, I7I'2 : l. V, p. 267.

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