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Tljcocr.. VIII

LES LESTRYGONS. 24i

Les bergers de Virgile exigent pareillement le dépôt de Fenjeii, du gage :

Mex. — Vis ergo inter nos quid possit uterque vicissim

experiamur? ego hanc vitidam (ne forte récuses;

bis venit ad mulctram ; binos alit ube^^e fétus)

depono : tu, die mecum quo pignore certes. Dam. — De grege non ausim quicquam deponere tecum.

Le vainqueur à la fin touche, « lève » — le poète odysséen dit s^Y^paTo — les deux enjeux : Thyrsis reçoit les deux récompenses, 8oioi>ç {xiffOou;, la chèvre et la coupe.

En cette lutte poétique, l'énigme et l'allégorie, aujourd'hui comme autrefois, tiennent une grande place. Les voyageurs nous disent que les bergers de la tiallura se posent en vers des « devinettes » toutes semblables à celles de Damoetas et de Ménalkas :

Die quibus in teitHs, et eris mihi magnus Apollo, très paient cœli spatium non amplius ulnas?

Peut-être — au cas où l'explication donnée plus haut des « chemins de la nuit » ne paraîtrait pas suffisante, — peut-être faudrait-il examiner si nous n'aurions pas comme un écho de ces énigmes dans le vers de notre poète « sur les chemins si proches du jour et de la nuit »,

èyv'j; yào VJXTO; t£ xal 7i|jLaT6; £iti xeAsuBoi.

Je crois que le poète odysséen trouva dans son périple la description de ces ietes et tournois sardes, peut-être môme quelque modèle de ces chansons. Ce n'est pas autrement que le périple d'IIannon nous décrit les bamboulas des nègres sénégalais et leurs danses nocturnes au son des flûtes, des cymbales et des tambourins : vuxto; oà irupà te iroXXà xavofxsva, xal ©(ovtjV a'j).ôjv 7;xouo[jlsv xuuêàXwv Te xal TUjJLTràvcov TiàTayov xal xpauyriv jx'jpiav*.

En tout cela, nos Lestrygons apparaissent comme un peuple aussi réel que les Kykiopes. Ici encore, le poète ne fait que nous décrire tout à la fois la côte et les mœurs, les mouillages et le commerce des indigènes.

Ces montagnards de la Sardaigne ne peuvent offrir aux Peuples de la mer que les produits de leurs troupeaux et de leurs montagnes : du lait, du fromage, de la laine et des bois. Nous savons que les bois ont toujours chance de trouver clientèle chez les navigateurs, qui toujours en ont besoin pour leurs bateaux et pour leurs villes. La Sardaigne est restée jusqu'au milieu du dernier siècle une terre de grandes forêts et de beaux arbres. Les marins et les villes maritimes

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