Diod. Sic, V
^iiO LES PIIÉMCIENS ET L'ODYSSÉE.
gardienne île bœufs* ». En débarquant, Ulysse a voulu savoir « quels étaienl les hommes mangeurs de blé sur cette terre », et c'est pourquoi il a détaché deux hommes et un héraut vers la ville :
OYj tôt' èywv ÊTapou^ TipoU'.v TrsyÔeo'Ôai lo^/ra;, oï Tivs; i'/épts €^£v £i:l yOovl ^ itov soovtê^.
En Sardaigne, on trouve des mangeurs de blé : le Sud de Tile « a des plaines fertiles en toutes choses, mais surtout en blé », ycôpav eyov sùoaijjLova toI; îraTi, TÎTto os xal oiacpspovTw;. Mais les bergers des Bouches et de la Corse « sont des fauves ou des bestiaux », oVov sjx^atvsTai t6 Or^piioûc; xal to {SoTxy.uaTwos; £v auToT^*, « qui désertent les plaines et le labourage et qui ne vivent que de laitage et de chaii* », l^ps^ov TroAAà; àysXa^ poarxY,uLàTo)v, wv Trapeyojxévcov oaiiXsw Tpo'^à; Y.pxo'jvTo 7:poT»£p6[X£voi yaAa xal Tupov xal xpia*. A la chair de leurs troupeaux, ils joignent la chair du thon. Tel autre passage, que Diodore copia dans les périples de la mer Erythrée, nous fournirait le texte môme (ou un exact équivalent) du périple primitif que le poêle odysséen put avoir sous les yeux, quand il imagina son massacre des Achéens :
Le llux apporte une énorme quantité de poissons qui viennent chercher leur nourriture dans les creux et sous les rochers de la côte, et le reflux les abandonne en ces crt^ux. Alors i(îs indigènes en foule, avec fenmies et enfants, accourent sur les rochers et, partagés en bandes, avec de sauvages hurlements, ils se mettent en chasse. Los femmes et les enfants prennent les poissons les plus petits et les plus voisins de la côte. Les honnnes s'attaquent aux grosses pièces, sans autres armes que des cornes aiguisées ou des fragments de pierre*.
Le périple odysséen devait dépeindre ainsi les premiers habitants de la Gallura avec les armes, le costume et les mœurs que nous leur connaissons par les textes postérieurs et par les monuments*. Ces montagnards de la Sardaigne semblent avoir été les Suisses de la Méditerranée phénicienne. Toujours prêts à accepter la solde et le harnais de guerre, ils nous apparaissent comme de véritables soldâtes, c'est-à-dire des mercenaires^ Les statuettes de bronze trouvées dans Pile nous les représentent « tels que l'artiste les a vus autour de lui et les a figurés de son mieux, avec les costumes qu'ils portaient à la guerre, à la chasse ou dans leurs occupations domestiques : les soldats forment la série la plus riche et la plus intéressante » . Et les archéologues nous déci'ivent longuement ces soldats vêtus de métal, casqués et guêtres de métal, armés du bouclier, du poignard, de l'arc, du sabre, du harpon ou de la massue. La stature de
1, Eus t., ad Dion., 458.
± Strab., V, p. 221.
7). Diod. Sic, V, 15.