Sur tout ceci, cf. Pcirol et Chipio/, IV, p. H et suiv
0. llêrod.. VII, 105: Diod. Sic, XÏV. 95: cf. Pnïs. Sardi o Sardoni. Dollrt. Arch. Sardo, 2* série. I, p. I.
LES LESTRYGONS. ^ii9
ces hauts guerriers est encore allongée par les deux cornes gigantesques du casque ou par d'autres insignes*. Pointant très haut derrière l'homme ou sur sa tête, ces insignes sont de longues tiges de fer fixées derrière la statuette et qui semblent sortir du carquois. Est-ce une flèche agrandie, indiquant la profession etThabileté du personnage? est-ce une palme, symbole de victoire? L'une de ces tiges, terminée par deux roues, a toute l'apparence d'un timon de char, auquel serait attachée une sorte de corbeille.... A ces vaillants soldats, l'Écriture donnerait le titre qu'elle décerne toujours aux gens de guerre des Juges et des Rois : S'n'maa» gibor-haïl, grand de force^ géant de vaillance. Cette périphrase, dans l'Écriture, arrive à ne plus signifier que soldat : cuvrip ouvaxo^, ouvaToç Ir/yi, traduisent les Septante. Je pense que le périple primitif devait appliquer aux Sardes quelque titre pareil ; notre poète l'a traduit fort exactement par géaûts de force y î'^Qiixoi yiyavTs; :
©oiTwv îf âi[jLOi AaiTTpuyoveç àXXoÔsv àXXo;, [xup'loi, O'JX àvSpsaaiv soixoTsç, àXAa viyaŒiv.
18 mai 1901 *. — Partis hier au soir de Civila-Vecchia par le vapeur qui porto en Sardaigne le courrier quotidien, nous arrivons ce matin, avant Taube, dans la baie d'Aranci : c'est l'avant-port du golfe boueux de Terranova. Nous prendrons ici le petit vapeur qui, deux fois par semaine, fait le service de la Maddalena : nous avons quatre ou cinq heures à attendre. Entre d'énormes falaises, dont les murailles abruptes supportent des tables rases, le golfe de Terranova enfonce son couloir nuageux jusqu'aux brumes qui, là-bas, tout au fond, flottent sur le marais. Trouées de grottes et de niches, les falaises sont peuplées d'innombrables oiseaux. La baie d'Aranci est entièrement couverte du large par le cap Figari et par le petit îlot Figarello : « elle offre aux caboteurs un excellent abri contre tous les vents, sauf contre ceux du S.-E. ; Teau douce et le bois y abondent ^ ».
Nous partons enfin. D'Aranci à la Maddalena, il faut compter trois ou quatre heures de traversée. Mais le vent contraire, qui souffle avec violence du N.-O., retarde un peu notre marche et force les petits voiliers qui nous suivent à chercher bientôt un abri sous les promontoires de cette côte découpée : « Les terres de rintérieur forment une chaîne continue de hautes montagnes, qui s'abaissent, avec de nombreux ravins, vers une côte très échancrée* ». Rien de plus monotone que cette côte où les promontoires et les enfoncements se succèdent, tous pîireils, indiscernables, au-devant d'une siejTa régulière. Seul, l'œil habitué des pilotes sait y découvrir quelques points de repère : « Le mont