CHAPITRE I
L'ÉPERVIËRE
Nner nemora indigenx Fauni Nyniphaequr tenebanl. ViHG., Aen., VIIÏ, r.li.
Ulysse fuyant les Lestrygons ne prend pas « les chemins de la nuit ». Il revient au jour, à Taurore, chez Kirkè, « dans File Aiaiè, où sont les maisons de TAurore, iîlle des ténehres, et les chœurs et le levant du soleil »,
olx'la xal yopoi siTt xal àvToXal 'HsÀio'.o'.
Il faut l)ien comprendre ces différents termes que la langue des Grecs classi(|ues ne suffirait pas à nous expliquer.
Pour les Égyptiens, le ciel reposait sur quatre piliers. A la conservation de chacun d'eux, un dieu était attaché : « Osiris ou Ilorus, Tépervier, présidait au pilier méridional, Sit au pilier septentrional, Thot à celui de FOuest, et Sapdi, Fauteur de la lumière zodiacale, à celui de FEst. Ils partagaient le monde en quatre légions ou plutôt en quatre mamms, délimitées par les montagnes qui l)ordent le ciel et par les diamètres (jui se ci'oisent entre les piliers. Chacune de ces maisons appartenait à un seul d'entre eux et les trois autres dieux, ni même le Soleil, ne pouvaient y entrer, y séjourner ni la traverser sans avoir ohtenu Fautorisation du maître*. » Cette conception et cette nomenclature se rencontrent aussi dans les cosmogonies des autres peuples orientaux : « De même que pour les Égyptiens, le monde, pour les Chaldéens, est une sorte de chamhre close en équilibre au sein des eaux éternelles. La terre en est la partie basse et comme le plancher. Elle a la forme d'une barque renversée, creuse en dessous, non pas d'un de ces canots effilés en usage chez les autres peuples, mais d'une coulVe, d'une espèce d'auge ronde dont les tribus du bas Euphrate se servent depuis l'antiquité jusqu'à nos jours. Elle va s'exhaussant des extrémités jusqu'au centre, ainsi qu'une grosse montagne : les régions neigeuses, où FEuphrate