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ti. Odynii.. XUI, 25î)-24l.
!>0i LES PHÉMCIKNS ET l/ODYSSÉE.
ainsi U»s termes odysséeiis « maisons de l'aurore, retours et levers du soleil ». deviennent parfaitement elairs.
Ulysse, en quittant les Leslrygons, ne prend donc pas « les eliemins de la nuit ». 11 voj^Mie face à la lumière ou plus exactement, poui* parler comme les SiMuites, « veis Içi face de la lumière » nN"':S"HN, el-pene-or, Touinant le dos à la Sardaigne, il coupe d'Ouest en Kst notre mer Tyrrhénienne et, juste en face des Bouches de Bonifacio, il rencontre au-devant des cotes italiennes Tile de Kirkè. Depuis les thalassocraties les plus anciennes jusqu'à nos jours, celte ile a toujours conservé le même nom. Elle s'appelle aujourd'hui Chreo; les Romains disaient Cinri et les Grecs Kicxsiov. Grâce au poème odysséen, nous voyons que le nom grec, vf.^o; Kiox-/;;, n'est que l'exacte liaduction d'un nom sémilicpie antérieur, iTN"'n» ÀHiiè, Ile de VEpervière,
J'ai déjà traité de ce doublet. J'ai fait remarquer la fidélité du poète à traduire, scrupuleusement et jusqu'aux moindres nuances, les noms de lieu que lui fournissait son périple original. En grec, le féminin êpirvièrey hirkèy xipxr,, est presque inusité : c'est le masculin kirkos, xioxo;, qui sert pour les deu\ genres: le seul article, masculin ou féminin suivant les cas, sert à distinguer le mâle et la femelle. En hébreu, au contraire, le seul féminin afa, ,tx. est usité pour les deux sexes. Les Hébreux employaient le mot ai a comme nom propie, même pour désigner des hommes : les Septante ont transcrit ce nom propre hébraïque en aie, tXz, ou aia, olIol : deux personnages bibliques, le lils de Zibéon et le père de Bispa, portent c(^ nom. Le périj)le devait dire Ai-Ai^a, l'ile de lÉpervière, h^n-'n* : le poète a traduit scrupuleusement ile de kirki\ vf.To; Kbxr,;, en faisant de l'oiseau une épervière et de la nymphe une femme. Mais il a transcrit non moins scrupuleusement en Ai-aiè, Alair, :
AlaÎYjV o' £^ VYJTOV àïp'.xôjJLcÔ'' £v6a o* sva'.sv KbxT, sjTTAoxaijLOç, 0£'.vr, Ôîo^ ajo-/;£TTa.
L'i, sur une pointe, nous entrons le vaisseau en silence dans un port aux l)on> mouillages : un dieu nous conduisait. Descendus à terre, nous restons deux jours cl deux nuits, couchés sur le sable], rongeant notre cœur de chagrins el de fatigues. Ouand l'Aurore aux cheveux bouclés amena le troisième jour, je pris ina lance et mon glaive pointu et, quittant le vaisseau, je montai rapidement sur un observatoire pour distinguer traces ou voix humaines. Parvenu au sonnnel de la guelle escarpée, je restai debout : sous mes yeux, une fumée montait de la terre aux larges roules, dans le palais (le Kirkè, à travers les taillis touffus et la forél. Je me demandai d'abord si j'irais m'encpiérir, puisque celle noire fumée était en vue. Ihiis, à la réflexion, il inc parnl |)lns avantageux de regagner d'abord le croiseur et le rivage de la mer, de faire manger mes honmies oi d'envoyer à la découverte. J'étais déjà redescendu non loin du vaisseau à la double corne, lorsqu'un dieu, |)renant pitié de mon abandon, m'envoya, en travers même de la roule, un grand cerf dix cors. Des pâturages de la forêt, il descendait au fleuve pour boii*e : le soleil déjà haut ralléi'ail. H siu'tait du bois. Je le frappni