‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 179 sur 343 · V. Tccoç epya Îooijjli ^poTwv èvoTr/^v ts Tzithol^r^y · texte numérisé non relu

V. Tccoç epya Îooijjli ^poTwv èvoTr/^v ts Tzithol^r^y

Seulement, de ci, de là, quelques fumées de charbonniers, quelques trouées que le bétail à demi sauvage se fraie dans les fourrés et, rayant cette verdure, la coupant de part en part, quelques « larges routes »,

xa'l [jLOi esiffaTO xaTîvoç aTwO ^Ôovoç sOpuoSei'/j^.

Rien de plus singulier que ces macchie, qui ne sont ni se/ra, forêt, ni bosco, bois. Ces macchie sont le résultat de la plus mauvaise [exploitation]. Ce sont des arbres, des arbrisseaux, des buissons, taillés, coupés, brisés à toutes les hauteurs, et la hache du charbonnier y est toujours en combat avec la nature la plus féconde qui, partout où Ton cesse de la tourmenter, s'élance et reprend ses droits et sa beauté.... L'épine blanche fleurissait partout. Le coassement universel des grenouilles remplaçait le chant des oiseaux. Nous roulions sur un pavé antique si parfaitement conservé que, par réflexion, on était effrayé de l'absence de vie.... A travers l'épaisse forêt, se croisent mille sentiers tracés par le bétail à demi sauvage....

Toute celte côte est bordée d'une suite conligué de dunes de douze à quinze pieds d'élévation, éloignées de la merde trente à quarante pas. Entre la mer et les collines, est la voie de Sévère, recouverte quelquefois de sable. Derrière les dunes est la forêt. Nos guides paraissaient craindre de dépasser Torre Paterno, l'unique habitation qu'il y eût sur cette côte. Ils montaient fréquemment sur les collines de sable pour chercher, à travers la forêt, l'asile désiré. Tout à coup nous voyons du feu sur le rivage. C'était rhabitation temporaire de vingt-cinq pêcheurs napolitains, qui faisaient leur souper dans des cabanes de ramée, de paille et de roseaux.... Arrivés [près d'eux], nous fûmes peu rassurés en voyant des hommes basanés, à demi sauvages, tous armés de couteaux ou de coutelas à la ceinture. Mais heureusement pour nous ces cabanes étaient près de Torre Paterno, au bout même du sentier qui devait nous conduire à l'asile désiré, à l'unique gîte qu'il y eût pour nous dans ces déserts'.

L'épithète sùpjoSsirj, « aux larges voies », appliquée par le poète à ce pays désert, peut sembler étrange. Pourtant je croirais volontiers que le poète trouva

1. De Mengin-Fondragon, Nouveau Voyage en Italie, II, p. 114.

2. De Lalande, Voyage en Italie^ VI, p. 458; Luilin de Chatcauvieux, Lettres d'Italie, p. 177. 5. Ch. Y. de BonsteUen, Voy. dans leLatium, p. 56-58, 125-126.

Page 1