Instrucl. naul.j n" 751, p
*i. Instruct. Haut., n<» 731, p. 67.
29i LES PHÉNICIENS ET L'ODYSSÉE.
de rivafços est capitale : elle eut, sur la disposition des habitats et sur les mœurs des indigènes, une influence déterminante. Il faut bien étudier la nature de ce pays.
Entre Porto d'Anzio et le Tibre, le pays est dominé par Ténorme pilon volcanique des Monts Albains. Ce volcan éteint n'a jamais eu de réveil au cours des temps historiques. Mais ses déjections en longues pentes coulèrent jadis jusqu'à la mer. Elles y tombèrent par une chute brusque, par une falaise peu élevée, mais très abrupte, au pied de laquelle les alluvions du Tibre et des torrents albains n'ont créé qu'une mince plage de sables et de boues. Juchées sur la falaise, les villes primitives de cette région, Lavinium et iVrdea, furent des « villes hautes » à la mode homérique : au pied de leurs acropoles, elles eurent une plage de sables ou de vase, où l'on pouvait tirer les bateaux, tel le mouillage de Laurentum. Au point où la falaise est le plus proche de la mer, une marine indigène installa son port d'Antium, qui pour les marines classiques n'est pas un refuge, "Avtiov, àî.tjxevoç xal aùry; tcoXi^ topuTai 3' èul irsTpai^*, et qui pour les marines modernes n'est devenu abordable qu'après les travaux des papes : « Porto d'Anzio, nommé aussi Port d'Innocent XII, est formé par un mole qui s'étend à 250 mètres de la cote vei*s le Sud, point où il forme un coude de 100 mètres environ vers l'Est; on travaille actuellement à le prolonger par un bras ou enrochement* ». Mais les barques primitives avaient fait de ce promontoire une grande station de piraterie : les gens d'Antium furent les premiers marins indigènes de cette cote.
Lavinium, Ardea ou Antium, ce n'est pas en de telles « villes hautes » que les étrangers s'installent : des bouches du Tibre au Faucon, Aslura, les seuls indigènes trouvaient des sites pour leurs villes. Entre le Faucon et le Vautour, VuUurnuSy au contraire, les premières marines étrangères rencontraient leurs sites favoris d'entrepôts ou de reposoirs, sur ces pointes avançantes, sur ces îles parasitaires dont l'île de Kirkè, l'Épervière, nous ofi*re le meilleur type. Faucon, Épervière, Vautour, Aêiuray Kirkèj Vulturnus, ces noms de lieux nous sont expliqués par la quantité d'oiseaux de proie dont les voyageurs récents nous parlaient tout à l'heure. Dans la forêt giboyeuse, dans les lagunes et marais peuplés d'oiseaux d'eau, dans la mer poissonneuse (cette côte durant l'antiquité eut ses guettes et pêcheries de thon; elle a encore ses Routes des Pécheurs), les faucons, vautours, éperviers et aigles marins trouvent facilement une abondante nourriture, et les terriens ne viennent pas déranger les nids sur ces promontoires abrupts, dans ces îlots déserts. Par notre poème odysséen, nous pouvons reporter cette onomastique jusqu'aux premiers thalassocrates. Car nous voyons que l'Ile de l'Épervière était déjà pour les Sémites Ahaièy et, dans la famille homérique de Kirkè, nous allons retrouver les autres oiseaux de proie qui donnèrent leur nom aux promontoires du voisinage.
1. Strab., V, 251; sur tout ceci, cf. Pauly-Wissowa, s. v. Antium.