Strab., ibid
qui nous a donné les solkoi ou solchoi de la môme cote sarde, à côté du koux, qui nous a donné le kèoux ou kèx de noire texte odysséen, à côté de l'aie, qui devint kirkè sur cette môme cùte italienne, à coté de Vanap'a^ que nous avons cru retrouver dans Vano/mia odysséenne, à coté du pers enfin, que nous venons d'étudier. Ce k.aJ est un oiseau de proie qui vit au désert. On ne sait au juste quel oiseau les Hébreux désignaient sous ce nom. Les Septante et les commentateurs hésitent en leurs traductions. Parfois ils proposent d'y reconnaître le pélican. Mais celte opinion est fort douteuse*. D'autres voudraient y reconnaître le butor. Le k.a.t doit être une sorte d'aigle, aisTo;: les Hellènes transcrivirent en Kaicla et traduisirent en Aièlès l'original sémitique k.a.t, qu'ils rencontri*rent sur ce rocher, comme ils transcrivaient en Aie et traduisaient en Kirkè l'original (tia du promontoire voisin.
Ile de l'Autour, Asiuran île de l'Kpervière, Aiè-Kirkè, cap de l'Aigle, Kaieta- Aiètès, cap du Vautour, Persè-Viilturnus : on voit comment tous les noms de celte côte rentrent dans la môme famille onomastique. Grâce aux traditions locales et grâce à VOdynsée, on voit aussi comment près des noms grecs et romains nous pouvons, pour trois au moins de ces promontoires, retrouver le premier vocable sémitique : pour Aslura, seulement, rien ne nous indique le nom dont les premiers navigateurs saluèrent cette île de l'Autour.
Mais, dans les intervalles de ces différents caps ou îles des Oiseaux, la cote italienne nous offre encore deux promontoires intermédiaires : le cap de Terracine et le promontoire du Massique. Or, pour le cap de Terracine, la tradition nous a conservé aussi un doublet. Car TeiTocina, disent les Anciens, s'appelait d'abord Anxour ou plus exactement Axaur, Axoi\ "AÇwp. Nous avons vu le beau calembour que firent les Hellènes pour expliquer ce dernier mot : Axour, àvsj ;upo'j. Ce n'est pas autrement qu'ils voulurent expliquer aussi Tcrracina par •zpoLyeiYfiy la rocheuse. Il me semble probable que ni l'un ni l'autre de ces vocables n'a rien à faire avec la langue grecque. Pour Terrakina, j'inclinerais à n'y voir qu'un nom étrusque ou indigène, de la môme forme que Tarquiniœ, Tarcpiinus, etc. Quant à axonr, toutes les langues sémitiques possèdent la racine idn, axar, avec la signification de /i>r, enchaîner : noN» axoiir, dans l'Écriture, est la geôle, la prison : je crois qu'Axour serait l'équivalent du latin claustra; un peu au Nord de Kirkè, sur la plage occidentale de celte même région Poutine, les Romains avaient une station qu'ils nommaient, nous ne savons pourquoi, Clostra Romana. Mais du sens propre enchaînery liei\ les Sémites ont dérivé, comme la plupart des peuples, le sens figuré liei^ par des enchantements, fasciner (fascio, lier, enchaîner; fascino, enchdiUier). ensorceler. Pour ce dernier sens, les Hébreux recourent plus volontiers à la racine nan,Aa6ar, qui est l'exact synonyme de axar; mais d'autres Sémites emploient axar. Le Roc de la Prison, Axour, Clostra, pourrait donc être aussi le Cap deTEnchan-